[Communiqué FA] Le fichage, vieille arme de l’État !

Lundi 4 janvier, le Conseil d’État a jugé en référé que la police et la gendarmerie pourront ficher les activités et opinions politiques, les appartenances syndicales et les données de santé au nom de la sécurité publique, de la sûreté de l’État définie comme recouvrant les « intérêts fondamentaux de la Nation » (laissées totalement à l’appréciation de la police). Ces textes prolongent le projet de loi « sécurité globale », dont les données recueillies pour la surveillance de masse (drones, caméras, reconnaissance faciale, réseaux sociaux) vont pouvoir être centralisées dans ces fichiers, ce qui n’était pas le cas auparavant.

La requête en référé émanait des organisations syndicales CGT, FO, FSU et d’associations de défense des droits humains (GISTI, etc..). Et nous pouvons être surpris, déçus, d’une forme de satisfaction de ces organisations après le rendu. Ce serait mois pire que le pire…

Nous autres anarchistes, ne sommes pas surpris de l’utilisation du fichage. Les États ont toujours eu besoin, pour se maintenir, de réseaux de renseignements forts, pour contrôler leurs populations par un fichage systématique. Penser que cela ne serait propre qu’aux régimes totalitaires, c’est se mentir profondément. Un État, ce sont des fichiers fiscaux, de polices, de renseignements, médicaux, etc… Le fichage est au cœur de cet outil de privation de liberté qu’est l’État.

Pour mémoire, ce n’est qu’après une forte mobilisation que le décret instituant le fichier EDVIGE avait été retiré en novembre 2008…

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LE MONDE LIBERTAIRE N°1824

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Edito :

« AH, MISÈRE DE MISÈRE ! »

Ne t’étonne pas de retrouver un flic en couverture pour un dossier sur la misère sociale. Quoi d’autre qu’un redoutable chien de garde pour repousser les malandrins loin des palais. Quoi d’autre qu’un bon chien de berger pour faire avancer le peuple vers son pâturage où pousse l’exploitation parsemée de touffes de misère.

Mais, dis-moi, ne trouves-tu pas que c’est le comble de la misère sociale pour un humain que d’endosser un uniforme de flic ou de militaire pour aller massacrer d’autres humains ?

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[Initiative collective] Rassemblement contre les violences de l’extrême-droite dimanche 20 décembre

Le groupe est soutien de cet appel, et vous invite à vous joindre à ce rassemblement.

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Le samedi 12 décembre, deux bénévoles de l’association PESE (Pour l’égalité sociale et l’écologie) ont été agressés par un commando d’extrême-droite à la sortie d’une collecte de jouets pour des familles démunies organisée à la librairie Plume Noire. Un rassemblement est appelé par une quinzaine d’organisations, syndicats et collectifs-association ce dimanche 20 décembre à 14h sur l’esplanade de la Montée de la Grande Côte.

Mettons fin au nouveau cycle de violences fascistes à Lyon

La ville de Lyon a été le témoin depuis près de 10 ans d’une montée en puissance des violences fascistes à Lyon : agressions racistes, LGBTphobes, contre des militantes syndicalistes, associatifs ou politiques, ou de simples passant dont la tenue était associés par leurs auteurs à «la gauche», attaques ou dégradation de locaux politiques, associatifs, de lieux de cultes (mosquée, synagogues) ont eu lieu ces dernières années.

Si la fermeture du bastion social, local fasciste, a représenté un coup d’arrêt à ces violences, celles-ci ont repris depuis l’été avec une nouvelle vigueur : incendie de mosquées, saccage du restaurant «le tonton burger», menace contre les locaux du PCF…

Et la dernière en date : l’agression très violente de 2 bénévoles d’une association d’entraide, à l’issue d’une collecte de jouets pour les fêtes de fin d’année, devant la librairie libertaire la plume noire où elle avait lieu, ce samedi 12 décembre 2020.

Les locaux fascistes, tels que la Traboule, local de Génération identitaire ou l’Agogé, salle de boxe de la même organisation, servent de lieu d’organisation à une mouvance qui tente d’imposer par la violence et la terreur contre les minorités et le mouvement social son projet politique.

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Soutien aux deux personnes lâchement attaquées le 12 décembre sur Lyon

15 décembre 2020

Le groupe Graine d’Anar de la Fédération Anarchiste apporte son soutien aux deux personnes, membres de l’association PESE (Pour l’Egalité Sociale et l’Ecologie) également syndiquées à Solidaires Rhône, lâchement attaquées le 12 décembre devant les locaux de la librairie « La Plume Noire » par un groupe d’individus qui semblent appartenir à l’extrême droite lyonnaise. 

Dans cette période particulière, où la haine, la délation, les idées d’extrême droite sont en vogue et banalisées, cette attaque en marge d’une collecte d’entraide solidaire, à destination notamment de familles d’exilé.e.s, n’est que la démonstration de l’impunité dans laquelle se pensent les nervis fascistes aujourd’hui. 

Rappelons que Lyon est la capitale française des groupuscules réactionnaires, et que ces derniers disposent, avec l’assentiment de la mairie et de sa police, de locaux d’où ils sont en mesure de planifier et d’exécuter leur ratonnades racistes et autres tabassages de militants révolutionnaires. Nous ne cèderons pas à la peur qu’ils veulent instiller et resterons solidaires et mobilisés pour lutter contre leur idéologie.

Nous serons toujours aux côtés de celles et ceux qui luttent pied à pied contre les haines montantes. Anarchistes, nous pensons que c’est par la solidarité que nous changerons le monde et les rapports entres humains. 

Le fascisme, c’est comme la gangrène, on l’élimine ou on en crève ! Mettons fin à la tolérance criminelle des exactions extrême-droitières dans nos rues !  

Le Groupe Graine d’Anar de la Fédération Anarchiste 

LE MONDE LIBERTAIRE N°1823

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Edito :

Bienvenue dans ce Nouveau Monde… libertaire. Notre copain Baalbeck passe le relais pour la maquette. Il avait pris cette responsabilité dans l’urgence, découvrant tout, domptant la bestiole pour permettre au Monde libertaire papier de poursuivre sa route. Merci à toi compagnon.


Merci et chapeau bas. Pour la suite, bienvenue à Philippe qui met son savoir-faire de pro au service du journal.

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[Communiqué FA] SÉCURITÉ GLOBALE : AU-DELÀ DE L’ARTICLE 24

LE PDF ICI :

SÉCURITÉ GLOBALE : AU-DELÀ DE L’ARTICLE 24

Les mobilisations contre la « loi de sécurité globale » montent en puissance et nous ne pouvons que nous en réjouir. Néanmoins, se focaliser sur le seul article 24, le fameux qui tend à rendre plus difficile la diffusion d’images d’exactions policières, ne suffit pas.

C’est l’ensemble de la loi qu’il faut abroger !

Celle-ci permet d’entériner des moyens au départ « exceptionnels » pour les faire devenir « courants ». Comme d’autres lois, celle-ci veut faire de l’état « d’exception » une « exception permanente ».

En offrant encore plus de moyens techniques et technologiques de coercition, la « loi sécurité globale » facilite surtout la voie à un État toujours plus répressif, où les habitants sont considérés comme des êtres irresponsables qu’il faut fliquer sans limite. Un rapport parlementaire de 2010 annonçait déjà les « solutions innovantes » dont la police doit se doter : « mini-drones d’observation, vidéoprotection intelligente, fouille des données sur internet, reconnaissance faciale, nouvelles technologies de biométrie… ».

Cette loi ouvre de nouvelles prérogatives aux polices municipales, démultipliant les possibilités d’arrestations et d’amendes. Elle permet la création d’une police municipale à Paris. Elle renforce encore le poids des entreprises privées de sécurité, privatisant encore plus certaines actions de police. Elle offre la possibilité d’utiliser des drones au détriment de la vie privée.

Cette loi permet l’utilisation en direct des images filmées par les policiers, notamment lors de manifestations, et d’utiliser la reconnaissance faciale pour comparaison avec les huit millions de « personnes surveillées » dont la photo figure dans le fichier Traitement des Antécédents Judiciaires (TAJ), criminalisant tout mouvement social.

Cette loi supprime la possibilité de réductions de peine si le délit constaté est fait à l’encontre d’élus, de militaires, d’agents des forces de l’ordre. C’est la création de facto de « citoyens au-dessus des autres citoyens ». Policiers et gendarmes se voient autorisés à porter leurs armes dans n’importe quel lieu, même hors de leurs heures de service ! C’est un permis de tuer permanent !

Preuve d’une militarisation de l’espace public, cette loi permet aux militaires de l’opération « Sentinelle » de pouvoir tirer à vue pour « mettre fin à un parcours criminel », c’est-à-dire dans les mêmes dispositions que pour la police. Les affaires récentes et passées de crimes perpétrés par les forces de l’ordre démontrent déjà qu’elles usent et abusent du droit de tirer. Les voilà maintenant épaulées par les militaires.

C’est tout l’esprit nauséabond de cette loi qu’il faut combattre.

C’est tout le climat sécuritaire et policier qui se met en place qu’il faut abattre.

Contre cette loi, contre l’État !

Relations Extérieures de la Fédération Anarchiste

Le 02 Décembre 2020

LE MONDE LIBERTAIRE N°1822

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Edito :

Ce mois-ci, dans le dossier thématique, on vous parle de l’ajustice.

L’ajustice, avec un petit « a ».
L’ajustice, kézako ?
L’ajustice, c’est comme l’anarchie, mais en moins bien.

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LE MONDE LIBERTAIRE N°1821

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Edito :

Petite confidence : le comité de rédaction du Monde libertaire, c’est une femme et cinq hommes. Tu as vu la parité…
Par contre, nous recevons de plus en plus d’articles écrits par des auteures.
Donc, pour faire court : réunion téléphonique du CRML, question qui tue : « Une idée pour le thème du dossier ? » Une femme, cinq hommes qui réfléchissent. Et une voix féminine : « On pourrait faire un dossier sur la contraception masculine… »
Sur ce coup, on était loin du marronnier : rentrée scolaire, beaujolais nouveau, chasse, chute des feuilles et bientôt l’hiver.
Mais la question était « Qu’est-ce qui est le plus facile, disserter sur la vasectomie ou alors sur le poids d’un cartable ? » Avec ou sans masque.
Je t’invite donc à feuilleter ce nouveau Monde libertaire « Tu n’en reviendras pas » de la richesse du dossier. Merci pour les témoignages.
Pas fréquent de lire que le contrôle des naissances est l’affaire de tou.te.s. Écriture inclusive de rigueur.

« Et puis et j’allais dire déjà » il y a des articles qui donnent le sourire : Le groupe La Mistoufle de Dijon et son Centre Social Autogéré,
Le LéØ (Laboratoire écologique Ø déchet). Le point commun entre les deux ? Une foutue solidarité et des centaines de repas distribués malgré le Covid qui rodait. Chapeau bas.

Un autre qui donne la patate : La ZAD de la Zablière, « Regarde bien petit », ça se passe quelque-part en Belgique « entre ciel et moulin ».

Et puis, y’a cette nouvelle, arrivée un triste jour. Là-bas en Italie « avec sa faux des quatre saisons » la mort a coupé la route à David Graeber. Nous publions un de ses articles glané sur la toile. Tout simplement parce que ses réflexions de demain commencent déjà à nous manquer.

But the revolution must go on !

Bonne lecture.

[Communiqué FA] Un professeur est mort,encore.

Le 18 octobre 2020

En France, Samuel Paty est mort, parce que professeur, parce qu’il faisait son métier, parce qu’il a tenté d’amener l’esprit critique aux enfants dont il avait la charge. Notre soutien se porte vers ses proches et ceux qui le connaissaient.

Son assassin l’a décapité au nom d’une idéologie qui, dans bien des endroits du monde, s’en prend à tout ce qui ouvre les humains à plus de liberté : les écoles et ceux qui œuvrent à apporter le savoir, les militants pour la sécularisation des religions, les militantes pour l’égalité femmes-homme, etc…
Ce n’est pas le premier professeur, dans le monde, qui tombe au nom de l’idéologie de l’islam politique. Ces réactionnaires tentent d’imposer par la peur, par l’autocensure, leur vision du monde basée sur une lecture rigoriste d’un livre, et dans leur cas qu’ils pensent saint. Tous les tenants de ces idéologies réactionnaires mortifères, d’où qu’elles viennent, savent qu’ils trouveront des soldats, parfois simplement en s’appuyant sur les plus déclassés par notre société, en attisant pour leur dessein les haines et les identitarismes.

Il ne suffira pas de faire la chasse à leurs idées. Encore moins d’amalgamer comme, ils en rêvent, tous les croyants d’une religion en un grand ensemble belliqueux. Il faut leur couper l’herbe sous le pied !

Pour nous anarchistes, cela ne pourra se faire que par l’émergence d’une société réellement égalitaire, libre, où chacun et chacune aura sa place en tant qu’individu.e. Il faut aussi soutenir les luttes pour la sécularisation des religions dans le monde, à minima. Et nous, anarchistes, souhaitons, luttons pour la disparition à terme des religions et superstitions, l’abolition des frontières, des classes et faire vivre l’entraide à l’échelle du globe. Les États et leurs guerres, les Religions et le Capitalisme se nourrissent les uns les autres au détriment des Libertés.

Nous ne pouvons pas nous contenter d’une simple condamnation sans imaginer et commencer à mettre en œuvre les changements de société nécessaires à la disparition des carcans qui nous enferment.

Nous ne pouvons nous contenter de compter les morts, d’une pseudo « unité nationale » et de retourner au silence.

Nous le devons à toutes celles et ceux intimidé.e.s, malmené.e.s, tué.e.s au nom de la réaction et l’envie d’imposer une vision rétrograde de la société, d’où que cela vienne.

Ni Dieu, ni maître, ni État, ni patron.

Les Relations Extérieures de la Fédération Anarchiste

Contre leur monde viral : entraide et solidarités

05 octobre 2020

En contexte de pandémie, l’État et le capitalisme tombent le masque.

Baisse continue du nombre de lits à l’hôpital depuis des années, y compris en réanimation, mauvaise gestion des stocks de matériel de protection et de soin, augmentation du reste à charge pour les usagers, privatisation de l’offre de soin et manque organisé de personnels dans le service public : les gouvernements successifs, plus soucieux de développer leur programme libéral que de répondre aux besoins de la population, ont construit l’incapacité de l’État à faire face à la pandémie de Covid-19. Pire encore, la crise a été utilisée pour renforcer le contrôle sur les populations, lequel se révèle en outre souvent discriminatoire. La pérennisation des différents états d’urgence offre tous les moyens répressifs législatifs et humains pour restreindre nos libertés (circulation, réunion, manifestation, expression…) et imposer un test d’obéissance à grande échelle.

Dans le monde du travail, les inégalités se sont renforcées entre les premiers de corvée et les soi-disant premiers de cordée, les sacrifiés et ceux qui ont pu rester relativement à l’abri. La numérisation a envahi le quotidien à travers un développement souvent subi du télétravail, qui peut nuire aux solidarités et à la défense collective des droits, sans oublier les technologies de traçage (comme l’application Stop COVID). Les licenciements pleuvent, conséquences du confinement, ou simplement opportunistes. La crise autorise en outre l’accélération sans vergogne de la disparition ou la privatisation des services publics, tandis que des aides économiques sont attribuées à des entreprises qui continuent de verser des dividendes aux actionnaires sans engagement à préserver l’emploi.

Dans cette situation, malgré la difficulté de se mobiliser collectivement, nous voulons réaffirmer notre solidarité et notre engagement auprès des mouvements sociaux et syndicaux, y compris en inventant des nouvelles façons de manifester dans l’espace public.

Par la participation dans les luttes locales, au plus près de la réalité quotidienne vécue, nous défendons des propositions radicales :

  • Gratuité de la santé : moyens de prévention, dépistage, accès réel aux soins. Tout traitement médical est un bien commun et ne doit pas être privatisé.
  • Défense des services à tous les publics : hôpitaux, transports, éducation, Poste, culture, énergie…
  • Opposition résolue à toutes les formes de racisme et de discrimination.
  • Soutien aux personnes fragiles et dépendantes.

La crise sanitaire renforce encore la nature mortifère du capitalisme et de l’État, son acolyte. Face à eux, il nous faut nous réapproprier nos existences. Ceci implique de nous auto-organiser localement pour faire vivre, ici et maintenant, des alternatives concrètes, telles que les coopératives alimentaires et cantines autogérées et bien d’autres initiatives encore, à consolider ou construire. Ces alternatives répondent à des besoins immédiats et permettent de sortir du marasme et d’entrevoir le monde futur.

Contre une société perpétuellement en crise, inégalitaire et liberticide :

Résistance – Coopération – Entraide

Des membres et groupes de la Fédération Anarchiste