[Soutien] COMMUNIQUÉ DES HABITANTS DE LA ZAD DE NDDL

Communiqué : Les habitant.e.s de la zad ne sont toujours pas légalement expulsables. Ce matin, le ministre de l’intérieur affirmait que la zad serait évacuée des « éléments les plus radicaux », appuyant une nouvelle fois la fable d’un groupe fantômatique de quelques dizaines d’ »ultra-violents » que l’on cacherait quelque part dans le bocage. Nous réaffirmons qu’il n’y a
pas des « éléments plus radicaux » d’un côté et de « bons zadistes » paysans de l’autre. Comme le soutient l’ensemble du
mouvement, repris à son tour en ce sens par un ensemble d’organisations,syndicats et ong’s nationales dans une tribune hier, nous nous opposons à « toute expulsion de celles et ceux qui sont venus habiter ces dernières années dans le bocage pour le défendre et qui souhaitent continuer à y projeter leurs vies et leurs activités ». Par ailleurs, nous entendons beaucoup parler de mouvement de troupes et de volonté d’expulser au plus vite aéroport ou pas ».

Au-delà de toute considération politique ou logistique sur la légitimité et la faisabilité d’expulser les habitants de Notre-Dame-des-Landes, il nous semble nécessaire de rappeler que cela n’est aujourd’hui tout simplement pas légalement possible. Nous l’avions démontré dès l’automne 2016, appuyé en cela par le Syndicat des Avocats de France, le DAL et le Syndicat de la Magistrature et la situation légale n’a pas évolué depuis :- les 14 lieux d’habitation de la zad ayant été l’objet de procédures d’expulsion bénéficient tous de la trêve hivernale. Ceux-ci ne sont donc pas expulsable avant le 31 mars.
– plus de 60 autres habitats situés sur la zad n’ont pas encore été l’objet de procédures d’expulsion.

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Comment emmerder les anarchistes ?

(Texte issu du Monde Libertaire numéro 1790. Abonnez vous au Monde Libertaire !)

Ces derniers temps, on sait pas vous, mais nous, on entend souvent un truc qu’avait pas cours avant. Une nouveauté en matière d’affirmation, pas piquée des vers. Accrochez vous bien… « Ni dieu ni maître, c’est oppressif ! ». Paf ! C’est du lourd, hein !

Cela a d’abord constitué un outil de trollage [art de faire chier sur le net pour se marrer et passer le temps], pratique assez répandue chez les anti-anarchistes en ligne. Mais, depuis quelque temps, c’est devenu un argument qui sort facilement lors de débats dans la « vie physique » et qui sonne comme une forme de négation du fondement historique de l’anarchisme.

Généralement, cela donne : « Tu ne peux pas dire  »ni dieu ni maître », c’est oppressif. Tu ne peux pas obliger quelqu’un à être athée .» Or, dès cet instant, on se rend compte de l’entourloupe. Car il ne s’agit en rien d’imposer quoi que ce soit.

Explication. Lorsqu’une personne énonce : « ni Dieu, ni maître », c’est d’elle qu’elle parle. Si elle parlait d’une société donnée, ou de la société de ses rêves, elle dirait qu’elle la perçoit – dans le premier cas, qu’elle la veut – dans le second – « sans dieu et sans maître ». Référons-nous pour mieux comprendre la chose au slogan de Radio Libertaire, « la radio sans dieu, sans maître et sans publicité ». Ce slogan indique clairement que ses auditeurs et ses animateurs comptent bien évoluer dans un environnement radiophonique avec des caractéristiques particulières, précisément sans dieu, sans maître et sans publicité. C’est clair, non? C’est clair que, là, rien n’est imposé vu qu’on est pas obligé de causer dans le poste ni de l’écouter. Ça va ? Lire la suite

2018 : que crève le vieux monde !

En ce début d’année 2018, le groupe Graine d’Anar souhaite partager avec vous le texte, qui pourtant date du 27 décembre 1906, d’Albert Libertad, tant sa pertinence reste entière.

Bonne lecture !

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Que crève le vieux monde !

La voix claire de l’enfant et la voix cassée du vieillard entonnent la même ballade : la ballade des vœux et souhaits.

L’ouvrier à son patron, le débiteur à son créancier, le locataire à son propriétaire disent la ritournelle de la bonne et heureuse année.

Le pauvre et la pauvresse s’en vont par les rues chanter la complainte de la longue vie.

Ah ! Ah ! C’est le jour de l’an !

Il faut que l’on rie ! Il faut que l’on se réjouisse. Que toutes les figures prennent un air de fête. Que toutes les figures prennent un air de fête. Que toutes les lèvres laissent échapper les meilleurs souhaits. Que sur toutes les faces se dessine le rictus de la joie.

C’est le jour du mensonge officiel, de l’hypocrisie sociale, de la charité pharisienne. C’est le jour du truqué et du faux, c’est le jour du vernis et du convenu.

Les faces s’illuminent et les maisons s’éclairent ! Et l’estomac est noir et la maison est vide. Tout est apparat, tout est façade, tout est leurre, tout est tromperie ! La main qui serre la vôtre est une griffe ou une patte. Le sourire qui vous accueille est un rictus ou une grimace.

Le souhait qui vous reçoit est un blasphème ou une moquerie. Dans la curée âpre des appétits, c’est l’armistice, c’est la trêve. Dans l’âpre curée des batailles, c’est le jour de l’an.

On entend l’écho qui répète la voix du canon et qui redit le sifflet de l’usine. La mitrailleuse fume encore et encore ; la chaudière laisse échapper la vapeur. L’ambulance regorge de blessés et l’hôpital refuse des malades. L’obus a ouvert ce ventre et la machine a coupé ce bras. Les crimes des mères, les pleurs des enfants font retentir à nos oreilles l’affreuse mélodie de la douleur, toujours la même.

Le drapeau blanc flotte : c’est l’armistice, c’est la trêve, pour une heure et pour un jour, les mains se tendent, les faces se sourient, les lèvres bégaient des mots d’amitié : ricanements d’hypocrisie et de mensonges. Bonne vie à toi, propriétaire ? qui me jettera sur le pavé de la ville sans t’occuper du froid ou de l’averse…

Bonne vie à toi, patron ? qui me diminua ces jours derniers, parce que faiblissait mon corps après la dure maladie que je contractai à ton service… Bonne vie, bonne vie à tous ! boulangers, épiciers, débitants qui enserriez ma misère de vos péages honteux et qui teniez commerce de chacun de mes besoins, de chacun de mes désirs.

Et bonne vie et bonne santé à tous, mâles et femelles, lâchés à travers la civilisation : bonne année à toi l’ouvrier honnête ? à toi, maquereau régulier ? à toi, cataloguée du mariage ? à toi, inscrit aux livres de police ? à vous tous dont chacun des gestes, chacun des pas est un geste et un pas contre ma liberté, contre mon individualité ? Ah ! Ah ! bonne vie et bonne santé ?

Vous voulez des voeux, en voilà : que crève le propriétaire qui détient la place où j’étends mes membres et qui me vend l’air que je respire !

Que crève le patron qui, de longues heures, fait passer la charrue de ses exigences sur le champ de mon corps !

Que crèvent ces loups âpres à la curée qui prélèvent la dîme sur mon coucher, mon repos, mes besoins, trompant mon esprit et empoisonnant mon corps !

Que crèvent les catalogués de tous sexes avec les désirs humains qui ne se satisfont que contre promesses, fidélités, argent ou platitudes !

Que crève l’officier qui commande le meurtre et le soldat qui lui obéit ; que crèvent le député qui fait la loi et l’électeur qui fait le député !

Que crève le riche qui s’accapare une si large part du butin social ! mais que crève surtout l’imbécile qui prépare sa pâtée.

Ah ! Ah ! C’est le jour de l’an !

Regardez autour de vous. Vous sentez plus vivant que jamais le mensonge social. Le plus simple d’entre vous devine partout l’hypocrisie gluante des rapports sociaux. Le faux apparaît à tout pas. Ce jour-là, c’est la répétition de tous les autres jours de l’an. La vie actuelle n’est faite que de mensonge et de leurre. Les hommes sont en perpétuelle bataille. Les pauvres se baladent du sourire de la concierge au rictus du bistrot et les riches de l’obséquiosité du laquais aux flatteries de la courtisane. Faces glabres et masques de joie.

La caresse de la putain a comme équivalent le sourire de la femme mariée. Et la défense du maquereau est pareille à la protection de l’époux. Truquages et intérêts. Pour que nous puissions chanter la vie, un jour, en toute vérité, il faut, disons-le bien hautement, laisser le convenu et faire un âpre souhait : que crève le vieux monde avec son hypocrisie, sa morale, ses préjugés qui empoisonnent l’air et empêchent de respirer. Que les hommes décident tout à coup de dire ce qu’ils pensent. Faisons un jour de l’an où l’on ne se fera pas de vœux et de souhaits mensongers, mais où, au contraire, on videra sa pensée à la face de tous.

Ce jour-là, les hommes comprendront qu’il n’est véritablement pas possible de vivre dans une pareille atmosphère de lutte et d’antagonismes.

Ils chercheront à vivre d’autre façon. Ils voudront connaître les idées, les choses et les hommes qui les empêchent de venir à plus de bonheur.

La propriété, la patrie, les dieux, l’honneur courront risques d’être jetés à l’égout avec ceux qui vivent de ces puanteurs.

Et sera universel ce souhait qui semble si méchant et qui est pourtant rempli de douceur :

Que crève le vieux monde !
Albert Libertad dans L’anarchie, 27 décembre 1906

Soutien à Radio Canut

Le groupe Graine d’Anar apporte son soutien plein et entier aux deux animateurs ciblés et  à Radio Canut après cette nouvelle agression et ces menaces de mort qui l’ont accompagnées.

Voici le communiqué de la radio lyonnaise et rebelle !

Nouvelle attaque à Radio Canut et menaces de mort contre deux animateurs

Radio Canut a été attaqué ce samedi 16 décembre 2017 vers 23h, durant l’émission “Berbères sans frontières”, un an jour pour jour après le caillassage de notre vitrine. Des fumigènes ont été jetés à l’intérieur des locaux par 2 individus non identifiés qui ont pris la fuite et proféré des menaces de morts au téléphone par la suite. Ce n’est pas la première fois que nos locaux sont visés cette année mais un nouveau palier dans la violence et l’intimidation semble avoir été franchi. Cette fois-ci, c’est une de nos émissions politiques, très écoutée par les militants kabyles dans le monde entier, qui promeut l’identité berbère et critique les pouvoirs en place et tous les fascismes qui a été directement visée.

Toute la radio condamne fermement cette attaque et apporte son soutien indéfectible à l’émission “Berbères sans frontières” et aux animateurs Ali Belkadi et Dalil Makhloufi. S’en prendre à une émission de Radio Canut, c’est attaquer la radio dans son ensemble, ses valeurs anti-autoritaires et ses combats politiques contre l’oppression des peuples et des minorités. Personne ne pourra nous dicter notre ligne de conduite ni restreindre notre liberté d’expression. Depuis plus de 40 ans, Radio Canut est et restera une radio libre et rebelle.

reportage France3

Contact: contact@radiocanut.org

Communiqué suite au 76e congrès de la Fédération Anarchiste

La Fédération anarchiste, réunie en son 76e congrès à Paris les 11 et 12 novembre 2017, a débattu de la situation politique et sociale et des enjeux de la lutte des classes.

L’État « macroniste » se radicalise et accélère le programme capitaliste mené par Gattaz, l’OCDE, le FMI et consorts, dans la continuité des gouvernements précédents.

Le capitalisme ne connaît pas de frontières et la lutte pour l’émancipation doit également s’affranchir des États et étendre le combat révolutionnaire à l’échelle mondiale. C’est pourquoi nous développons l’Internationale des Fédérations anarchistes.

Le mouvement social et syndical peine à construire un rapport de forces et la convergence des luttes.

La stratégie de mobilisation dans la rue ne remplace pas le blocage économique. Seule la
grève générale reconductible peut menacer les profits et ouvrir ainsi une perspective
révolutionnaire.

La Fédération anarchiste est engagée dans ce mouvement social et syndical qui doit assumer et affirmer sa légitimité politique et opposer un projet de société en rupture avec le modèle capitaliste et du chacun-pour-soi qu’on nous impose.

La Fédération anarchiste participera de toutes ses forces au mouvement social et s’opposera à toute tentative de tutelle politique y compris celle de Mélenchon qui crée la division en portant la lutte sur le terrain parlementaire.

Notre rôle est de préserver le mouvement social de toute contamination politicienne et
électorale.

La Charte d’Amiens demeure pertinente aujourd’hui ; malgré ses imperfections et ses
limites, elle reste à nos yeux un outil nécessaire affirmant les principes de l’action syndicale :

♦ L’amélioration continue et immédiate des conditions de travail et la transformation
sociale ;
♦ L’indépendance par rapport aux partis et à l’État ;
♦ La construction de la grève générale expropriatrice et autogestionnaire qui abolira le
salariat.

Notre mouvement doit également diffuser des pratiques d’auto-organisation et d’action
directe. La propagande par l’exemple et les alternatives en actes sont à même de développer des pratiques en rupture avec le consumérisme et la délégation.

Les religions ont toujours été l’outil des puissants, du patriarcat et du militarisme. Au côté
du Capital, elles incitent à la résignation et à l’ignorance. La Fédération anarchiste revendique haut et fort « Ni dieu ni maître ». L’émancipation de l’humanité nécessite une lutte radicale et définitive avec l’idée de dieu.

La Fédération anarchiste appelle les individus et les groupes attachés à l’émancipation
sociale à s’organiser et à œuvrer pour une société fédéraliste libertaire et autogestionnaire, pour un monde débarrassé des classes, des religions et des États et toutes les dominations.

Paris, le 12 novembre 2017

Pour le télécharger et le diffuser : Communiqué 76e congrès

Soirée autour de la lutte contre l’A45 16 novembre 2017

Dans le cadre du Mois de Novembre Libertaire

Le projet d’A45, nouvelle autoroute entre Lyon et Saint-Étienne, porté entre autres par Laurent Wauquiez fait l’objet de nombreuses contestations, notamment par la structuration d’un collectif de lutte contre le projet.

Cette autoroute devant répondre à une soi-disante demande croissante de mobilité est jugée inutile et coûteuse par ses opposant-e-s, en partie par les premier-e-s concerné-e-s, habitant-e-s de ces territoires périurbains.

Au-delà de caractéristiques similaires aux autres GPII (Grands projets inutiles et imposés), le projet d’A45 soulève de nombreuses problématiques plus spécifiquement liées au phénomène de périurbanisation qui touche les agglomérations lyonnaises et stéphanoises : quelle(s) mobilité(s), quel(s) mode(s) de production, quel(s) mode(s) de vie pour des territoires à la frontière entre ville et campagne ?

Cette soirée est organisée par le groupe “Habitat et Paysage” du Réseau des Géographes Libertaires (RGL) ainsi que le groupe “Graine d’Anar” de la Fédération anarchiste.
Elle reviendra sur l’historique de la lutte contre l’A45 et les problématiques soulevées par le projet autoroutier, suivies de discussions et débats.

Apéro et repas prix libre, le tout 20h à la salle Léo Ferré (MJC du Vieux Lyon – Place Saint Jean 69005), venez nombreux-ses !

Pour télécharger l’affiche en PDF : AFFICHE panneau soiree A45

 

 

Soirée autour de la résistance à Bure 8 novembre 2017

Dans le cadre du mois « Novembre Libertaire » sur Lyon et ses environs

Le groupe Graine d’Anar et le Collectif ZAD-Lyon vous invitent à un instant festif et militant autour de la résistance en cours à Bure. L’occupation de terres est en place contre l’enfouissement des déchets nucléaires en couche profonde, hérésie totale visant à flinguer le futur !

Cela se passera le 8 Novembre 2017 à 19h00 à la Librairie La Gryffe ( 5 rue Sébastien Gryphe, 69007 Lyon)

Avec des lectures par La Cab (La clique des Ami.e.s de Bure), la projection d’un documentaire et bien entendu des échanges avec des occupant.e.s !

Le tout avec un peu de grignotage et de la bonne humeur !

On vous attend nombreuses et nombreux !

Le groupe Graine d’anar de Lyon

Pour télécharger l’affiche (et la diffuser au maximum) : AFFICHE DEFINITIVE SOIREE BURE