[Soirée] Qui était Kate Austin ? [AUDIO DISPONIBLE]

Voici le son de la soirée :

Pour le télécharger : clic droit + enregistrer la cible de lien sous ICI

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Présentation par Aurélien Roulland de son livre consacré à Kate Austin, paysanne, anarchiste et féministe.

Suivi d’un débat « Quels liens aujourd’hui entre féminisme, anarchisme et paysannerie ? »

Mardi 19 mars 2019- 19H- au bar Les Clameurs
23 rue d’Aguesseau 69007 Lyon

Entrée Libre 

Qui était Kate Austin (1864-1902) ? Pour la présenter on peut commencer par citer ce que disait d’elle Emma Goldman :

Ses écrits révélaient une penseuse logique, bien informée, à la fibre révolutionnaire, et ses lettres un être sensible et affectueux… Kate, la voix la plus audacieuse, la plus courageuse des femmes d’Amérique ! … Elle aimait la vie, et son âme s’enflammait pour l’opprimé, le souffrant, et le pauvre… Sa mort a été la perte non seulement d’une camarade, mais aussi d’une amie précieuse. Kate n’était pas seulement l’anarchiste, la rebelle, la penseuse, l’écrivaine ; elle était pour moi une mère, une amie vers qui je pouvais aller trouver le repos et la paix lors que j’étais fatiguée et lasse des dures batailles.
Elle était tout pour moi ; comment, alors, puis-je m’asseoir et écrire sur elle ?

Née en 1864 et morte en 1902 à l’âge de 38 ans, cette autrice est bien trop méconnue. Pourtant elle a beaucoup agit, mais aussi écrit dans bien des journaux : Lucifer, The Light-Bearer, The Firebrand, Free Society, Discontent, et le Demonstrator.

Sa pensée est toujours d’une étonnante modernité.

Y’aura un petit grignotage et de quoi boire sur place.

Pour télécharger l’affiche : 20190304 Affiche Soirée Kate Austin

[Dans le ML] Un mieux au travail

Article paru dans le Monde libertaire 1803 de février 2019

Ce numéro du Monde Libertaire sera sans doute l’occasion de croiser des visions autour de la technologie, de la robotique et de l’automatisation. Sans doute des critiques positives et négatives seront mises en avant et permettront de se faire un avis autour de tout cela. Mais je crains qu’une fois de plus, ces articles ne soient pas compris par les principaux concernés de ces avancées : les personnes qui travaillent.

Certes, on le sait, l’augmentation de l’automatisation et des technologies de l’information et de la communication ont diminué le nombre d’emplois disponibles. Mais là, le souci est plus du côté de la répartition du temps de travail et des richesses que de la technologie en elle-même. Par contre, pour celles et ceux qui restent, et pour les nouveaux métiers émergents, l’apport des technologies s’est aussi soldée par des métiers moins usants physiquement. Et ce n’est pas pour rien que beaucoup de salariés voient cela d’un bon œil, même si d’un autre côté, l’accumulation de nouvelles choses à apprendre est parfois très complexe.

Il semble étonnant pour beaucoup de penseurs de ne pas être compris par le monde du travail. C’est justement parce que souvent, l’aspect amélioration des conditions de travail est mis de côté par ces penseurs, au profit d’une « simple » dénonciation des emplois perdus. Ceci peut d’ailleurs devenir étonnant quand une telle assertion est tenue par des anarchistes : nous qui   souhaitons sortir du travail, tuer le salariat, nous nous retrouvons parfois à tenir des propos anti-technologie en lien avec la défense de l’emploi salarié… Comme si un asservissement des humains était préférable à la mécanisation et une utilisation des machines. Lire la suite

Vers un « 5 étoiles » à la française ?

Article paru dans le Monde libertaire numéro 1802

Le mouvement des « Gilets Jaunes » qui agglomère bien des colères et parfois des intérêts antagonistes, est intéressant dans sa capacité à capter les médias et du coup notre attention.

Bien entendu, c’est lié à la violence qui a accompagné celui-ci : que ce soit la violence policière à son encontre aussi bien que les dégradations qui ont été constatées lors de manifestations. Mais on peut noter que ce mouvement est assez spécifique aussi dans son rapport à la mort : alors que dans n’importe quelle autre mouvement la mort d’un militant est un drame, là, deux personnes meurent les premiers jours du mouvement, mais il ne cesse pas, voir ces deux morts sont vues comme des épiphénomènes. C’est assez nouveau pour être souligné, cette volonté de dire « on ira au bout quoique cela coûte » . Ce qui lui confère un côté révolutionnaire, même si ce mot englobe bien trop de choses pour être encore lisible aujourd’hui clairement.

Oui, c’est bien une révolte d’ampleur qui s’est mise en place, qui a pris les ronds-points et les places publiques. C’est bien une colère contre « la vie trop chère » qui anime celles et ceux qui participent ou soutiennent ce mouvement.

« je dois avouer que je reste assez perplexe sur ce mouvement »

Là où l’on peut s’interroger, c’est sur les revendications portées. Elles sont très diverses et hétéroclites. Lire la suite

Le nouveau Monde Libertaire 1803

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EDITO : 

Dans l’Histoire de notre mouvement, l’Anarchisme, le progrès technique a très souvent été mis en corrélation avec le progrès social.
Par exemple, dans Paroles d’un Révolté, Pierre Kropotkine envisageait les progrès des techniques agricoles comme facteur d’émancipation dans le monde paysan.
C’était à la fin du XIXème siècle et l’espoir dans les vertus émancipatrices de la technologie était de mise dans les mouvements de luttes sociales. Le folklore anarchiste de l’époque allait même jusqu’à imaginer se débarrasser de la tutelle bourgeoise grâce à la Science : le Savoir et la Dynamite auraient dû suffire à renverser le monde capitaliste.
Aujourd’hui, nous constatons que cette saloperie a survécu aux coups de boutoir de nos ancêtres et que les techno-sciences sont une arme au service du Capital.
Le Monde n’a fondamentalement Lire la suite

[Dans le ML] Néolibéralisme et autorité : un pléonasme plutôt qu’un oxymore.

Dans le Monde Libertaire de Décembre 2018

Compte-rendu de Grégoire Chamayou, La Société ingouvernable, une généalogie du libéralisme autoritaire, Paris, La Fabrique, 2018, 326p.

Voici un texte qui s’avère utile pour penser le monde contemporain. L’objet de l’analyse, à savoir le basculement des années 70 et l’inauguration d’un nouvel « art de gouverner » qui est encore actif aujourd’hui et dont il s’agit de saisir le mode de production multiple, à la fois dans les discours scientifiques, mais aussi stratégiques et patronaux, vise à nous aider à comprendre ce qui caractérise l’époque que nous vivons. Ces nouveaux discours qui apparaissent dans les années 1970, lors de la « contre-révolution néolibérale », en réponse à toute une série de critiques venues de la gauche sur le mode de production capitaliste, l’entreprise, l’écologie, le gouvernement etc. nous invite également à repenser nos propres catégories politiques. L’irruption de nouveaux objets politiques, les multinationales, les stratégies d’incitations fondées sur les sciences, le gouvernement par les marchés, nous invite ainsi à abandonner les vieilles catégories politiques qui sont les nôtres, et notamment l’idée d’une souveraineté qui serait limitée à l’État, dont nous héritons du XVIème siècle.

Bien que la thèse d’un (néo)libéralisme autoritaire ne soit pas neuve dans les textes portant sur les formes contemporaines – à partir des années 1970 – du libéralisme, qu’on a coutume, et l’ouvrage de Chamayou n’y tranche pas, d’appeler désormais « néolibéralisme », ce livre est précieux. En effet si cette thèse d’un libéralisme économique se fondant sur un État fort policièrement et politiquement, capable de réprimer les résistances et les révoltes et d’organiser, massivement ou plus stratégiquement, le démantèlement des entreprises publiques, apparaît déjà chez Harvey (Brève histoire du néolibéralisme) ou pour les francophones chez Dardot et Laval (La Nouvelle raison du monde), Chamayou se propose un traitement original de cette question. Il s’agit dans ce livre non pas d’une histoire intellectuelle du néolibéralisme, mais d’une histoire croisée des théories, des discours et des pratiques, en prenant le parti de mélanger des « Prix Nobels » d’économie et des patrons, des idéologues et des « scientifiques », des casseurs de syndicats et des intellectuels. Cette façon de raconter l’histoire, inspirée de l’historiographie foucaldienne, s’avère ici passionnante. On montre ainsi comment la réaction venue du milieu des affaires, Chamayou assume faire une histoire « d’en haut », à savoir du point de vue des dominants, aux critiques de la gauche sur le modèle économique capitaliste dans les années 1960 et 1970. En cela l’ouvrage tranche avec plusieurs écueils : la vision unitaire d’un néolibéralisme qui se serait imposé de façon implacable et cohérente, qui confine à une forme de complotisme, tout comme l’éclatement de plusieurs possibilités qui viennent dissoudre l’idée même de l’existence du néolibéralisme en une série de discours discordants. On voit ainsi comment la pensée néolibérale, réagissant aux différentes critiques venues de plusieurs milieux de gauche, s’est composée de façon « bâtarde », principalement aux États-Unis, lieu principal d’élaboration de la nouvelle pensée libérale, mais possédant néanmoins une certaine unité visant à défendre des positions politiques par divers moyens.

L’ouvrage est ainsi extrêmement riche en développements et analyses historiques précises et sourcées, Lire la suite

Le nouveau Monde Libertaire 1802

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Note du Comité de Rédaction du Monde Libertaire (CRML)

Le CRML a reçu quelques messages, toujours polis et bien intentionnés, nous indiquant que le titre de ce numéro de janvier « le Péril jaune », pouvait être mal interprété, faisant référence à l’expression, datant du XIXème siècle selon laquelle les peuples asiatiques seraient amenés à dominer les populations blanches. Cette expression a ainsi été utilisée de façon raciste par la suite. 
Nous nous excusons de cette confusion possible venant d’un choix maladroit quant à notre titre, qui n’a bien évidemment pas été choisi pour avoir des connotations racistes, mais au contraire pour se moquer d’une vision médiatique qui voit le mouvement des Gilets Jaunes comme un danger maximal. Nous espérons que le contenu du ML, ainsi que la couverture, suffiront à déjouer cette idée, si malgré tout elle devait s’immiscer dans l’esprit de certain.e.s de nos lectrices et lecteurs ! Nous choisirons nos titres avec davantage de précaution par la suite !
Le CRML.

ÉDITO DU ML N°1802

Gilets jaunes : Par-delà le bien et le mal !

Dans le milieu « progressiste », il est de bon ton de ne soutenir les gilets jaunes que comme la corde soutient le pendu. Ils ne seraient pas vraiment écolos. Certains tiendraient des propos racistes, homophobes, sexistes… Et puis, d’abord, qui sont-ils ces gens sortis de nulle part, sans programme revendicatif « élaboré », refusant tout représentant, pacifiques mais ne refusant pas la violence… ?