[Relations Internationales] SOUTIEN À GIORGOS KALAITZIDISET NIKOS MATARAGKAS DU GROUPE ROUVIKONAS

Deux ans après le formidable élan de solidarité sans frontières qui
a permis à deux membres de Rouvikonas d’éviter la prison, une nouvelle
menace d’une ampleur sans précédent plane au-dessus du groupe. Un
procès kafkaïen attend Giorgos et Nikos le 13 octobre prochain, sur la
base de fausses accusations. Cette tentative de criminalisation du
mouvement social peut coûter la prison à vie à ces deux militants
politiques. Leur groupe, pourtant irréprochable et exemplaire, est
manifestement devenu trop gênant. Une nouvelle mobilisation
internationale s’impose.

Les faits : le 7 juin 2016, un trafiquant de drogue est exécuté à
Athènes, dans le quartier d’Exarcheia. Cette exécution est
revendiquée par un collectif d’autodéfense appelé « Milice du
peuple armé » qui déclare que le trafiquant de drogue avait un
comportement violent, menaçant et dangereux à Exarcheia, à la fois
envers les membres du mouvement social et les habitants du quartier.

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[79ème congrès] Des libertés encore et toujours menacées

Motion de la Fédération Anarchiste adoptée au 79ème congrès de Merlieux le 22 août 2021  

Le climat social est à l’inquiétude : une crise sociale, une crise sanitaire, une crise économique…  
Surfant sur le malaise sociétal, l’État en profite pour renforcer l’appareil sécuritaire et répressif afin de satisfaire un électorat toujours plus conservateur.


 
Depuis le mouvement des Gilets jaunes, les forces de l’ordre macronien ont toute latitude pour réprimer avec virulence les manifestations, et les mutilations furent nombreuses. Les ministres de l’intérieur successifs déclarent soutenir et couvrir les comportements des forces de répression.  
Certains propos sont insultants à l’égard des victimes. Pendant ce temps, le reste du gouvernement regarde ailleurs, tout comme la classe politique parlementaire.  
 
La manipulation est En Marche : l’action coordonnée du pouvoir et des médias aboutit à une insécurité dans les esprits et permet de faire adopter des lois et des décrets liberticides en toute quiétude.  
 
Il est ainsi possible de renforcer le contenu des fichiers d’individus « sous contrôle ». Personne ne s’en offusque. Les organisations qui ont attaqué le décret devant le Conseil d’État ont perdu.  
 
Nous assistons à la robotisation du contrôle des populations : les algorithmes, la géolocalisation, le contrôle des messageries, les drones, la vidéo-surveillance, et maintenant le QR-code… Tout un arsenal technologique et juridique transforme insensiblement nos États dits de droit en États policiers, et nos sociétés réputées libres en société de la peur, où la suspicion suspend la solidarité et fait de l’hospitalité un délit pénal.  
 
Le dispositif législatif s’est largement développé durant cette crise. L’arbitraire policier s’est épanoui.  
Les libertés des simples individus sont bien faibles devant les juges.  
 
La Fédération Anarchiste avait dénoncé la proposition de loi dite « de sécurité globale », notamment le célèbre article 24 visant à interdire les images des forces de l’ordre en pleine action, et plus généralement le dispositif qui donnait sans contrôle des pouvoirs exorbitants aux policiers municipaux. Le Conseil constitutionnel a eu une position curieuse : il a déclaré inconstitutionnel le contenu de l’article 24 reformulé, mais il a admis d’autres dispositions liberticides. C’est tout le texte qui porte atteinte aux libertés publiques et qu’il faut supprimer.  
 
Il s’agissait d’une tactique consistant à inscrire dans un texte une énormité juridique qui sera évidemment annulée pour faire passer le reste tout aussi dangereux.  
 
Récemment le Conseil d’État, saisi du Schéma national du maintien de l’ordre, en a remis en cause certaines dispositions. Même tactique qu’au Conseil constitutionnel, on annule le plus gros pour faire passer le reste. Ainsi la « nasse » est supprimée pour le moment car trop attentatoire aux libertés.  
Quatre dispositions visant la liberté d’informer sont aussi annulées. Restons prudents, quantité de dispositions annulées réapparaissent dans d’autres textes, les rédacteurs profitant de l’absence de vigilance.  
 
Dans les mois qui viennent, élections présidentielles et législatives obligent, face à la montée des extrême-droites, la classe politique professionnelle, droite et gauche confondues, fera assaut de mesures restrictives et attentatoires aux libertés publiques. La Fédération anarchiste prendra toute sa place dans la lutte contre l’établissement d’un État toujours plus policier et réactionnaire.  


Fédération Anarchiste

POUR LES POLITICARDS, LE RÉVEIL EST DIFFICILE !

13 juillet 2021

Depuis les dernières élections, grosse gueule de bois pour les politicard.e.s en tous genres. Il faut dire que les sacro-saints scrutins régionaux et départementaux n’ont guère enthousiasmé les foules.

Au total, sur les deux tours, et malgré les atermoiements des chiens de garde du système représentatif, ce sont les deux tiers des électeurs et électrices inscrit.e.s qui ont déserté les bureaux de vote. Nous ne pouvons que nous en réjouir !

Non pas que cette abstention massive soit particulièrement consciente, révolutionnaire ni anarchiste, mais parce qu’elle est au moins le signe d’un ras-le-bol généralisé des magouilles, des fausses-promesses intéressées et de l’arrogance de celles et ceux qui prétendent nous représenter.

C’est un bon début, et les résultats de ce geste de mécontentement généralisé sont assez impressionnants. Chez les partis qui briguent le pouvoir politique, c’est la débandade.

Pour faire simple, la gauche, même coalisée, ne convainc plus grand monde avec son « progressisme » en carton-pâte.

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[Communiqué FA] SÉCURITÉ GLOBALE : AU-DELÀ DE L’ARTICLE 24

LE PDF ICI :

SÉCURITÉ GLOBALE : AU-DELÀ DE L’ARTICLE 24

Les mobilisations contre la « loi de sécurité globale » montent en puissance et nous ne pouvons que nous en réjouir. Néanmoins, se focaliser sur le seul article 24, le fameux qui tend à rendre plus difficile la diffusion d’images d’exactions policières, ne suffit pas.

C’est l’ensemble de la loi qu’il faut abroger !

Celle-ci permet d’entériner des moyens au départ « exceptionnels » pour les faire devenir « courants ». Comme d’autres lois, celle-ci veut faire de l’état « d’exception » une « exception permanente ».

En offrant encore plus de moyens techniques et technologiques de coercition, la « loi sécurité globale » facilite surtout la voie à un État toujours plus répressif, où les habitants sont considérés comme des êtres irresponsables qu’il faut fliquer sans limite. Un rapport parlementaire de 2010 annonçait déjà les « solutions innovantes » dont la police doit se doter : « mini-drones d’observation, vidéoprotection intelligente, fouille des données sur internet, reconnaissance faciale, nouvelles technologies de biométrie… ».

Cette loi ouvre de nouvelles prérogatives aux polices municipales, démultipliant les possibilités d’arrestations et d’amendes. Elle permet la création d’une police municipale à Paris. Elle renforce encore le poids des entreprises privées de sécurité, privatisant encore plus certaines actions de police. Elle offre la possibilité d’utiliser des drones au détriment de la vie privée.

Cette loi permet l’utilisation en direct des images filmées par les policiers, notamment lors de manifestations, et d’utiliser la reconnaissance faciale pour comparaison avec les huit millions de « personnes surveillées » dont la photo figure dans le fichier Traitement des Antécédents Judiciaires (TAJ), criminalisant tout mouvement social.

Cette loi supprime la possibilité de réductions de peine si le délit constaté est fait à l’encontre d’élus, de militaires, d’agents des forces de l’ordre. C’est la création de facto de « citoyens au-dessus des autres citoyens ». Policiers et gendarmes se voient autorisés à porter leurs armes dans n’importe quel lieu, même hors de leurs heures de service ! C’est un permis de tuer permanent !

Preuve d’une militarisation de l’espace public, cette loi permet aux militaires de l’opération « Sentinelle » de pouvoir tirer à vue pour « mettre fin à un parcours criminel », c’est-à-dire dans les mêmes dispositions que pour la police. Les affaires récentes et passées de crimes perpétrés par les forces de l’ordre démontrent déjà qu’elles usent et abusent du droit de tirer. Les voilà maintenant épaulées par les militaires.

C’est tout l’esprit nauséabond de cette loi qu’il faut combattre.

C’est tout le climat sécuritaire et policier qui se met en place qu’il faut abattre.

Contre cette loi, contre l’État !

Relations Extérieures de la Fédération Anarchiste

Le 02 Décembre 2020

LE MONDE LIBERTAIRE N°1819 et 1820

Suite à des problèmes internes à l’équipe du Monde Libertaire, ces deux numéros n’ont pu sortir comme prévu pour le premier début juillet et pour le second début septembre. Ils sortent donc début septembre tous les deux à quelques jours d’intervalle. 

Disponible aussi par correspondance directement ICI !

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Et le Monde Libertaire est un bi-média : le journal papier et le site internet !

Edito : 

« Ils ont un drapeau noir en berne sur l’espoir… ». Nous ne donnerons pas dans le monochrome, n’en déplaise à Soulage. Nous avons voulu un numéro d’été riche en lumière, en couleurs. Alors ce dossier consacré à l’art dans l’anarchie, à l’anarchie dans l’art, à l’art narchie… Pour vous accueillir, Paul Signac et sa toile « Au temps d’harmonie :l’âge d’or n’est pas dans le passé, il est dans l’avenir. ». Son histoire ? Fin du XIXe siècle, de nombreux artistes partagent les idées anarchistes. Paul Signac, en réponses aux attentats, décide de peindre une toile où seraient représentés les idéaux anarchistes. Et ce sera une toile de 4m par 3. L’art, comme l’anarchie, se nourrit de patience, commencée en 1 893, elle ne sera achevée qu’en 1 895. Dans le même temps, Signac propose à son ami le peintre Henri-Edmond Cross de réaliser une toile sur le même thème. Et ce sera « L’air du soir » (1 893-1 894). Entre le premier coup de pinceau de Signac et la fin de sa toile, le 25 juin 1894, à Lyon Sadi Carnot est assassiné. Viendra la 3 e loi scélérate, loi du 28 juillet 1 894, qui interdira toute propagande anarchiste. Le tableau de Signac devait initialement s’intituler Au temps d’anarchie…

Mais revenons au dossier. Nous n’avons, bien sûr, pas exploré toutes les formes d’art possible, l’art n’a pas de limites. « Dis-donc, Il y a un trésor dans la maison d’à côté. /-Mais, iln’ya pas de maison à côté !/- Alors nous en construirons une. ». Pas de limites…
Un mathématicien dirait de « moins l’infini » à « plus l’infini ». Nous ne soutiendrons pas les artistes du « moins l’infini » qui tirent l’esprit humain vers le bas, le normalisé, le courtisé, l’inféodé, l’institutionnalisé ou le simple foutage de gueule. Nous rejoindrons les autres « Ilya vingt-mille ans qu’ils sont à leur fenêtre, /Ilya vingt-mille ans qu’ils crient dans le désert! »

Un compagnon, à la fin de son article, fait un rappel que je lui emprunte « Extrait des Principes de base de la Fédération Anarchiste – Nos objectifs – : Les anarchistes luttent pour une société libre, sans classe ni États, ayant comme buts premiers : « … L’égalité dès la naissance des moyens de développement, c’est-à-dire d’éducation et d’instruction dans tous les domaines de la science, de l’industrie et des arts . »

Edito : 
Tout d’abord il nous faut vous demander de nous excuser pour le très gros retard du magnifique numéro d’été ; Trop d’articles et illustrations à traiter (96 pages au lieu de 56), coup de « fiu » d’une rédaction toujours sur la brèche, pause estivale (bien méritée) de l’imprimerie, virus assassin, canicule terrassante… la liste est longue des mauvaises raisons pour avoir raté l’obstacle… Promis nous en tirerons les conséquences.

Mais donc, c’est la rentrée. Pendant l’été, la Macronie s’est aiguisée les dents. Les stocks de lacrymos, de protège-tout, de tonfas et grenades, de drones sont bien en place. Et les amendes tombent dru, comme les feuilles en automne. Amendes pour imposer le port du masque, amendes pour imposer l’absence de masque, amendes pour manifestation interdite, amende pour regroupement interdit, etc. etc. Alors que l’État respecte de moins en moins ses propres lois, c’est par tous les moyens qu’il s’affaire à nous les imposer. La doctrine étatique c’est : « Meurtrir les chairs – vider les porte-monnaies ». L’assaut libéral contre tout ne peut passer qu’en force, il s’agit que chacun prennent peur et reste à la maison à manifester – ou s’endormir – sur son canapé comme l’immense majorité des des 66 millions de confinés du printemps dernier. D’autres se seront donnés l’illusion d’agir en cliquant sur une des mille pétitions réclamant le « monde d’après ».

Mais pendant l’été les anarchistes aussi se sont aiguisés, que ce soit mi-juillet aux Reclusiennes ou mi-août aux Rencontres anarchistes organisées à Merlieux par le groupe Kropotkine de la Fédération Anarchiste. Des moments de camaraderie et d’organisation ; quand l’épée se renforce, ainsi fait le bouclier… Mais renforcer les banderoles ne suffit pas, il nous faut être offensif, prendre l’initiative en démontrant par les faits que l’anarchie n’est pas le chaos brutal que la presse se plaît à dépeindre, mais une forme d’organisation de la cité qui permet à toutes et tous de prendre ensemble les meilleures décisions.
Ainsi l’incroyable succès des coopératives alimentaires du groupe Henri Poulaille de Saint Denis doit faire des émules. Que mille fleurs fleurissent , disait le sanguinaire président Mao, nous dirons ici Que mille coopérateurs s’auto-organisent , sans chefs, sans salariés et sans bureaucratie, pour décider de ce qui remplira leur assiette.
Coller, tracter, manifester c’est nécessaire, mais d’une efficacité des plus modestes… ce n’est qu’au sein même des activités quotidiennes les plus triviales que nous pouvons convaincre du bien fondé de nos idées, et les mettant à l’œuvre ! Et le moment des « courses » est devenu celui de l’action politique. La voie est maintenant bien pavée, c’est facile nous disent les Dionysiens ; il ne s’agit plus que de s’y coller et accélérer un mouvement d’ensemble, fédéral, au sein duquel à l’image des Diony Coop du 9-3, l’individu ne peut bloquer le groupe, ni le groupe oppresser l’individu !

Le pouvoir est bout du panier ; sous les paniers, la rage !

[Témoignage] Confinement, un journal…

Mon journal du confinement

Vendredi 13 mars 2020,

Journée vraiment particulière au lycée. On a appris la veille au soir que le confinement entrait en vigueur au début de la semaine prochaine, que les écoles, collèges, lycées, universités allaient fermer dès lundi. Notre cher ministre avait pourtant déclaré environ 3h plus tôt que la fermeture des établissements scolaires n’était absolument pas envisagée… Bon j’avais bien remarqué qu’il ne savait jamais de quoi il parlait, voilà c’est confirmé !

Un cours avec les terminales de 9h à 10h, les questions fusent, je leur dis que je ne sais pas grand-chose, qu’il est urgent d’attendre et qu’une réunion des personnels à la récré de 10h nous en apprendra davantage. En attendant je me dépêche de finir le chapitre en cours, on pourra ainsi faire des exercices type Bac sur les probabilités conditionnelles. (Sachant que la réunion est prévue de 9h50 à 10h15, quelle est la probabilité que le cours suivant commence avant 10h30 ?)

Notre chef d’établissement nous parle de continuité pédagogique, de maintenir le contact avec les familles et les élèves, que les professeurs seront amenés à venir au lycée pour les conseils de classes et éventuellement s’occuper des enfants de soignants et que pour commencer on ferait une AG lundi à 9h… pour décider… de comment on va faire quoi.
La séance est houleuse, on sent la nervosité chez certains, entre maladresses et incompréhension, une collègue sort en claquant la porte.

Je reprends mes cours à 14h, ça me laisse le temps de réfléchir à la façon dont je vais optimiser mes dernières heures avec mes classes, faire des photocopies à distribuer aux secondes, des fiches d’exercices sur les vecteurs, ils auront toujours de quoi s’occuper au début, car je doute que l’ENT (Espace Numérique de Travail) tienne le choc, on sait bien que quand tous les profs sont dessus en train de rentrer les appréciations pour les conseils, il tombe en rade… L’idée de passer l’après-midi avec les élèves surexcités me fait monter une vieille angoisse, déjà que le vendredi de 15h à 17h avec les 2nde 4 c’est une épreuve, alors là… Faudra leur dire de passer à leurs casiers récupérer tous leurs bouquins avant de rentrer chez eux.

Faut avouer que ne plus voir les élèves pendant plusieurs semaines me rend très joyeuse moi aussi !

 

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[Témoignage] Héros ? J’fais mon boulot, en pire

Je travaille au rayon fruits et légumes dans le magasin Auchan Sète. Voilà cinq années que je suis embauché dans cette entreprise.

Il faut d’abord préciser que de toutes les entreprises dans lesquelles j’ai travaillé, Auchan est certainement celle qui représente le mieux ce qu’ont appelle une entreprise à management paternaliste. Comme dans beaucoup d’entreprises, nous ne sommes plus des « salariés » mais des « collaborateurs », ce mot à totalement remplacer tout autre mot pour nous designer. Nous sommes donc des « collaborateurs ».

Dès Le 23 ou bien le 24 Mars – je ne me souviens plus de la date exacte – nous avons reçu les consignes de sécurité. Ne pas se serrer la main. Pas de bises bien sur et rester à un mettre des collègues et des clients. Ce qui est bien sur difficile dans le contexte du commerce.

Les masques sont arrivés à peu près une semaine après le confinement mais en petites quantités. Et ils étaient périmés. Pas au niveau du filtre, qui lui ne s’use que lorsqu’il est utilisé mais au niveau des élastiques. Les masques ne tenaient pas longtemps.

Une de mes collègues du rayon fruits et légumes à cousu des masques pour les collègues. J’utilise les masques en tissus de ma collègues que j’imbibe d’un peu d’arbre à thé.

A ce jour, la direction fournit des visières en plastiques qui font office de masque barrière mais extrêmement inconfortable. En tout cas, c’est mon avis.

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[Témoignage] Amour, Révolte et … Galère !

Salut c’est King’s Queer !


On est un duo electro post punk. Donc nous sommes musicien.ne.s. C’est notre vrai métier, on ne vit que de cela. Nous sommes professionnel.le.s mais pas intermittent.e.s comme une grande partie des artistes. Être intermittent.e c’est compliqué, très compliqué. C’est rentrer dans un système « institutionnel » pas très adapté surtout si tu es dans un réseau de lieux autogérés, petites salles, bars, assos, etc.

Du coup tu te retrouves à toucher de l’argent seulement quand tu te produis. Tu joues pas : tu n’as rien. Pas de chômage, aucun parachute de secours… On était toujours sur la corde raide, chaque mois on serre les dents mais ça va, on arrivait à se débrouiller à coups de système D. C’est le prix de la liberté de création, d’action et de diffusion, qui nous est primordial.

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[Communiqué FA] Contre la reconnaissance faciale policière !

Contre la reconnaissance faciale policière !

Le 11 février 2020

La reconnaissance faciale est le nouvel outil dégainé par les États et les intérêts qu’ils défendent pour le maintien de l’ordre. Son utilisation a été facilitée par l’explosion des caméras de vidéo-surveillance dans le monde, l’augmentation de la puissance des ordinateurs qui ont à traiter ces données mais aussi des réseaux de communication, des Internets. Les visages « suspects » et les comportements « suspects » seraient ainsi détectés par des algorithmes !

Que la Chine, dictature militaro-communiste, soit une des premières nations à la mettre en avant, pour appuyer son programme de « notation des citoyens », ne nous surprend malheureusement pas. Mais qu’elle soit aujourd’hui présentée comme un outil incontournable et nécessaire par le « pays des droits de l’Homme », autrement dit la France, a de quoi nous glacer le sang quant à l’appel à la soumission de toutes et tous au sécuritaire dans le monde. Les arguments spécieux sont toujours les mêmes : sécurité, antiterrorisme, anti-incivilités. Comme si la seule réponse viable à tout cela était toujours plus de répression et de moyens de contrôles !

Aujourd’hui, la Fédération Anarchiste, aux côtés de beaucoup d’autres organisations et associations, appelle à rejeter cette technologie orwellienne. Intrusive pour la vie privée, portant atteinte à nos libertés, nous ne pouvons accepter cela, ni le laisser faire. Partout dans le monde, nous appelons à lutter contre l’installation des moyens de mise en place de la vidéo-reconnaissance sécuritaire.

La Fédération Anarchiste est par ailleurs signataire de la lettre commune, proposée par la Quadrature du Net, « Interdisez la reconnaissance faciale sécuritaire » (1)

Ce combat contre une société qui abandonne sa liberté et ses principes au nom de la sécurité ne fait que commencer. Mais il doit être mené avec conviction et force.

Relations Extérieures de la Fédération Anarchiste

(1) https://www.laquadrature.net/2020/01/28/un-refus-unanime-de-la-reconnaissance-faciale-securitaire-appel-aux-candidat%c2%b7es-aux-municipales-a-sopposer-a-la-reconnaissance-faciale/

[Dans le ML] Néolibéralisme et autorité : un pléonasme plutôt qu’un oxymore.

Dans le Monde Libertaire de Décembre 2018

Compte-rendu de Grégoire Chamayou, La Société ingouvernable, une généalogie du libéralisme autoritaire, Paris, La Fabrique, 2018, 326p.

Voici un texte qui s’avère utile pour penser le monde contemporain. L’objet de l’analyse, à savoir le basculement des années 70 et l’inauguration d’un nouvel « art de gouverner » qui est encore actif aujourd’hui et dont il s’agit de saisir le mode de production multiple, à la fois dans les discours scientifiques, mais aussi stratégiques et patronaux, vise à nous aider à comprendre ce qui caractérise l’époque que nous vivons. Ces nouveaux discours qui apparaissent dans les années 1970, lors de la « contre-révolution néolibérale », en réponse à toute une série de critiques venues de la gauche sur le mode de production capitaliste, l’entreprise, l’écologie, le gouvernement etc. nous invite également à repenser nos propres catégories politiques. L’irruption de nouveaux objets politiques, les multinationales, les stratégies d’incitations fondées sur les sciences, le gouvernement par les marchés, nous invite ainsi à abandonner les vieilles catégories politiques qui sont les nôtres, et notamment l’idée d’une souveraineté qui serait limitée à l’État, dont nous héritons du XVIème siècle.

Bien que la thèse d’un (néo)libéralisme autoritaire ne soit pas neuve dans les textes portant sur les formes contemporaines – à partir des années 1970 – du libéralisme, qu’on a coutume, et l’ouvrage de Chamayou n’y tranche pas, d’appeler désormais « néolibéralisme », ce livre est précieux. En effet si cette thèse d’un libéralisme économique se fondant sur un État fort policièrement et politiquement, capable de réprimer les résistances et les révoltes et d’organiser, massivement ou plus stratégiquement, le démantèlement des entreprises publiques, apparaît déjà chez Harvey (Brève histoire du néolibéralisme) ou pour les francophones chez Dardot et Laval (La Nouvelle raison du monde), Chamayou se propose un traitement original de cette question. Il s’agit dans ce livre non pas d’une histoire intellectuelle du néolibéralisme, mais d’une histoire croisée des théories, des discours et des pratiques, en prenant le parti de mélanger des « Prix Nobels » d’économie et des patrons, des idéologues et des « scientifiques », des casseurs de syndicats et des intellectuels. Cette façon de raconter l’histoire, inspirée de l’historiographie foucaldienne, s’avère ici passionnante. On montre ainsi comment la réaction venue du milieu des affaires, Chamayou assume faire une histoire « d’en haut », à savoir du point de vue des dominants, aux critiques de la gauche sur le modèle économique capitaliste dans les années 1960 et 1970. En cela l’ouvrage tranche avec plusieurs écueils : la vision unitaire d’un néolibéralisme qui se serait imposé de façon implacable et cohérente, qui confine à une forme de complotisme, tout comme l’éclatement de plusieurs possibilités qui viennent dissoudre l’idée même de l’existence du néolibéralisme en une série de discours discordants. On voit ainsi comment la pensée néolibérale, réagissant aux différentes critiques venues de plusieurs milieux de gauche, s’est composée de façon « bâtarde », principalement aux États-Unis, lieu principal d’élaboration de la nouvelle pensée libérale, mais possédant néanmoins une certaine unité visant à défendre des positions politiques par divers moyens.

L’ouvrage est ainsi extrêmement riche en développements et analyses historiques précises et sourcées, Lire la suite