Le nouveau Monde Libertaire 1799

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Édito :

Vieillesse et Anarchie, une perspective différente sur la vieillesse

Alors que la vieillesse est une problématique majeure de notre temps, spécialement dans nos sociétés occidentales vieillissantes, et que nous avons tous à l’esprit des exemples de proches avançant en âge, le traitement médiatique général de cette question se fait sur le mode, hélas désormais extrêmement répandu, de la gestion et de la gouvernance. Il faudrait « gérer » la vieillesse, comme on gère des flux ou des dispositifs.


Dans un monde ou la réification est une norme, à savoir où le rapport des humains aux humains est remplacé par le rapport des choses aux choses, la vieillesse devient un problème de plus à régler de façon gestionnaire, en débloquant des budgets et en ouvrant des établissements. De ce fait les personnes âgées, disons les vieux pour ne pas faire dans la langue de bois officielle, sont souvent traitées comme des poids, comme des coûts, voire uniquement comme des corps. Le triste exemple médiatisé des EHPAD – premier arbre d’une forêt d’éléments qu’il faut prendre en compte -, principalement des EHPAD privés, montre bien la réalisation de cette pensée de la gestion où les places sont chères et où les vieux sont utilisés comme des façons de faire du profit. Ainsi la vieillesse est à la fois spécifique et représentative. Spécifique dans ses problématiques relatives à la perte d’autonomie et à l’accompagnement, mais représentative et centrale politiquement en ce qu’on lit dans les problématiques relatives à la vieillesse les mêmes problèmes qui courent dans l’ensemble de la société : l’isolement et l’atomicité, la concurrence, l’égoïsme et la perte de liens et la réduction des individus à des choses.
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Le nouveau Monde Libertaire 1797

Voici le « numéro d’été » du Monde Libertaire !

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Edito :

Mi-Juillet, le moment du passage de témoin. Un nouveau Comité de rédaction issu du dernier congrès. Sans fanfares, sans flonflons, sans feux d’artifice.

Que dire ?

Que nous allons tout faire pour que l’équipe précédente ne regrette pas de nous avoir confié les clefs du journal. …

[Dans le ML] Qu’est-ce que le néolibéralisme ?

Juin 2018

(Dans le numéro 1796 du Monde Libertaire)

Le terme de néolibéralisme est omniprésent dans les discours militants ou savants depuis vingt ans. Des intellectuels majeurs, quils soient marxistes, libertaires, sociologues, philosophes ou économistes, comme Foucault, Bourdieu, Harvey, Chomsky, Levy et Duménil, Boyer, et bien dautres, sy réfèrent de façon constante. De la même façon des associations comme ATTAC, des journaux comme Le Monde Diplomatique, et même des journaux plus mainstream, comme Le Monde ou même Le Figaro traitent du néolibéralisme comme une réalité contemporaine.

Ce terme a même été repris lors de la récente campagne pour les élections présidentielles puisque Marine Le Pen a qualifié lors des débats ses interlocuteurs d’ultralibéraux ou de néolibéraux. Le concept est dailleurs un objet dintenses débats en France, et plusieurs publications lui ont été consacrées comme le monumental Néolibéralisme(s) de Serge Audier et La nouvelle raison du monde de Pierre Dardot et Christian Laval. De quoi parle-t-on donc quand on parle de néolibéralisme ? Est-ce un concept fourre-tout ou peut-on lui trouver une certaine unité conceptuelle ?

Je vais ici essayer de restituer le résultat de plusieurs lectures et recherches tout en évitant trois écueils fondamentaux pour l’analyse du néolibéralisme. Le premier écueil, souvent le fait des penseurs marxistes, est celui de « l’économicisme » : le développement du capitalisme implique le néolibéralisme en fonction de l’évolution de facteurs endogènes qui sont des facteurs de production (par exemple conjurer la baisse du taux de profit en proposant une nouvelle partition travail/capital), cette perspective, quoi qu’intéressante, met l’accent uniquement sur les facteurs endogènes et économiques et conduit à voir l’histoire de manière mécanique, tout cela au détriment d’autres éléments d’explication.

Le deuxième écueil est celui du complotisme, qui consiste à croire qu’un groupe ultra-minoritaire d’intellectuels aurait, par le fait du lobbying, infléchi toute la politique mondiale en quelques dizaines d’années. Cette perspective se fonde sur des faits corrects mais tend là encore à produire un discours monocausal réducteur, niant l’autonomie relative des différents champs, politiques, économiques, intellectuels et sociaux. Enfin le dernier écueil, fondé sur la même logique, consiste à ne se focaliser que sur certains éléments explicatifs (la « force inhérente » des théories libérales, dans une perspective idéaliste, ou la focale mise sur les médias comme « chiens de garde » propagateurs d’une nouvelle idéologie)1.

Aux origines du néolibéralisme

 Le terme de néolibéral trouve son origine dans les années 1930, et notamment dans le Colloque Lippmann, tenu en 1938 à Paris. Il réunit des intellectuels libéraux venus penser la refonte du libéralisme, qui se trouve être en crise, notamment après la crise de 1929, dont les effets se font sentir jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

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[Dans le ML] Sauver le bac ? Mon cul !

Février 2018.

(Dans le numéro 1794 du Monde Libertaire)

Je dois avouer que l’appel à sauver le bac dans le numéro 1792 du Monde Libertaire m’a, comment dire, un peu contrarié. Pas que je trouve le texte mauvais, il expose assez clairement une vision classique de la lutte des classes et du travail comme valeur centrale (définition par lui-même, ses codes et conventions et non par l’individu), mais parce qu’il me semble malgré lui prendre le pas d’une des plus grandes fumisteries de l’histoire moderne : l’école de la république serait égalitaire.

L’école n’est pas un lieu d’égalité et ne l’a, de fait, jamais été. Depuis sa création, l’école a pour vocation de permettre l’accès aux besoins nécessaires à une société basée sur un mode de gestion pyramidale. Que ce soit la royauté et/ou le capitalisme, l’accès au savoir y est donné en fonction des besoins et non pour le simple plaisir d’émanciper les foules. Les analyses d’une Louise Michel et d’un Sébastien Faure restent pertinentes aujourd’hui, même si mai 68 est passé par là.

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[Motion FA] Maudite soit la guerre – Motion 77 ème congrès de la FA

Maudite soit la guerre.

Motion du 77 ème Congrès de la Fédération Anarchiste – Châlette-sur-Loing

Les conflits militaires à travers le monde, les tensions régionales, les menaces et agressions (notamment nucléaires, chimiques…) restent le mode privilégié des relations entre les États ; le tout au profit des lobbys militaro-industriels.

Les peuples subissent ces violences et sont les jouets macabres des stratégies militaires et politiques : tueries, viols, enlèvements, séquestrations, humiliations et destructions systématiques des infrastructures civiles (eau, hôpitaux, écoles…). Les populations sont déplacées, maltraitées, prises en otage et réprimées dans toutes leurs tentatives de rébellions et de résistances.

Tous les États sont assassins. Hier, la France en Algérie ou le génocide au Rwanda. Aujourd’hui, citons l’Arabie Saoudite bombardant les populations Yéménites, la Birmanie (Myanmar) persécutant les Rohingyas, l’État Israélien tirant sur des populations Palestiniennes désarmées, l’État Syrien massacrant tout azimut sans oublier les États criminels d’Afrique et d’Amérique Latine… et demain ? Y compris tous les États producteurs d’armes, dont la France, exportant les guerres là où se situent leurs intérêts.

De plus, à l’échelle locale, la militarisation de notre quotidien se traduit par l’accoutumance à une présence militaire et policière permanente. Cet état de fait se caractérise par l’intensification de la répression de toute contestation et l’entrée dans la Loi des mesures d’État d’urgence. On retrouve même aujourd’hui en France certains politiciens (Le Pen, Macron, Mélenchon, …) souhaitant un retour au service militaire. Jusqu’aux États-Unis d’Amérique, entre autres, où l’armement des civils les amène à s’entre-tuer.

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[Motion FA] Ça gronde ! – Motion 77 ème congrès de la FA

Ca gronde !

La Fédération Anarchiste réunie en son 77ème Congrès à Châlette-sur-Loing a débattu de la situation politique et sociale et des enjeux actuels de la lutte des classes.

Le projet macroniste d’« entreprise France » n’a toujours pas coulé. Le gouvernement continue sans relâche son offensive antisociale :

– Abandon des services publics, restrictions budgétaires, par exemple dans les hôpitaux publics, qui permettent au secteur marchand de s’installer durablement et renforcent les inégalités entre les territoires et entre les individus ;

– Privatisation de structures publiques (SNCF, Aéroport de Paris, routes de France, barrages hydro-électriques, etc.) avec dégradation programmée des conditions de travail et de la qualité du service

– Étatisation de la formation professionnelle (France Compétences qui se substitue au paritarisme), étatisation de la sécurité sociale et de Pôle Emploi en vue de leur privatisation ultérieure

– Sélection accrue au niveau des lycées et des universités favorisant l’élitisme et la concurrence.

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