LE MONDE LIBERTAIRE N°1839

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Édito :

MAIS… IL N’Y A PAS DE MAI.

Boutcha ! Mariopoul ! Pas d’excuses, pas d’explications vaseuses, pas la moindre justification pour les bombardements sur les populations civiles, pour les massacres, pour les viols, en Ukraine mais aussi au Yémen, au Soudan, au Kazakhstan, en Birmanie ou ailleurs.

Et rien qui puisse nous faire comprendre le tri entre l’accueil généreux des réfugiés ukrainiens et la chasse aux migrants africains, syriens, afghans… !

Mais… Il n’y a pas de mai. C’était pourtant le mois qui portait les révolutions (1789, 1848, 1871, 1936 et 1968) là où nous nous contentons de ces vagues élections, qui ne changeront rien à la course folle qui nous envoie au précipice.

Alors oui, le Monde Libertaire de ce mois de mai n’est pas rempli d’enthousiasme et d’optimisme mais porteur de colères, de dégoûts et de nostalgies. Ce qui ne l’empêche pas d’éclairer nos lanternes sur les vibrations du monde et donner envie de se battre encore et toujours pour une société libérée du capitalisme, des armées, des frontières.

Vive la révolution sociale et libertaire !

LE MONDE LIBERTAIRE N°1837

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Édito :

« MA CARTE D’ÉLECTEUR EST VIERGE » (MAURICE LAISANT)

«L’adage que les absents ont toujours tort ne saurait s’appliquer à l’abstentionnisme anarchiste disons plus, c’est aux électeurs qu’il doit s’appliquer et non aux élus.
[. . .] Le fait de voter implique le renoncement à s’occuper directement de la chose publique pour une période déterminée, au cours de laquelle l’élu reste chargé de s’en occuper au lieu et place des électeurs, ceux-ci devenant ainsi les absents toujours dans leur tort. Et les faits ne démontrent que trop qu’ils le sont réellement.
[. . .] L’abstentionnisme n’est donc logiquement anarchique que s’il signifie, d’une part, négation de toute autorité légiférante; d’autre part, revendication — et application dans la mesure où cela est déjà possible — du principe de faire ses affaires soi-même.
»
Luigi Bertoni
in Encyclopédie anarchiste de Sébastien Faure

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[Relations Internationales] Communiqué : Face à l’invasion russe, solidarité internationale ! Stop à la guerre !

Face à l’invasion russe, solidarité internationale ! Stop à la guerre !

Ce matin du 24 février 2022, l’armée de Vladimir Poutine a envahi l’Ukraine par la Biélorussie, la Crimée et le Donbass. Cette invasion visait certainement Kiev, toute proche de la frontière biélorusse. Plusieurs villes ont subi  des tirs de missiles dont la capitale. De son côté, le président ukrainien, Volodymyr Zelinsky promet «l’Ukraine se défendra et gagnera».

Cette situation était malheureusement prévisible. La Russie a déjà montré son ambition impérialiste, notamment en Géorgie en 2008, au Moyen-Orient et en Afrique plus récemment. En Ukraine, suite au soulèvement de Maïdan à Kiev en 2014 (qui a fait fuir le président pro-russe Victor Ianoukovitch), Poutine a annexé la Crimée et aidé les séparatistes prorusses du Donbass dans l’Est (les autoproclamées « Républiques populaires » de Louhansk et Donetsk).

Dans un « Appel au peuple » télévisé du 21 février dernier, Poutine avait déclaré : « Nous prenons un morceau du Donbass, et si l’Ukraine fait des vagues (…) alors nous en prendrons encore plus. », disposant aux frontières 190 000 soldats prêts au combat.

Tous ces  militaires positionnés à la frontière russo-ukrainienne ainsi qu’ en Biélorussie n’étaient pas là juste pour le Donbass et son intention était de mettre la main sur tout, ou une partie de l’Ukraine, étant pour lui une région de « L’Empire russe ».

L’Ukraine est prise dans un étau : d’un côté ses ressources sont convoitées pour renforcer le régime du Kremlin, affaibli par la crise économique et dont l’autorité a été mise à mal lors de la pandémie, de l’autre l’OTAN tente de l’attirer dans son giron.

Dans plusieurs régions du monde, les rivalités impérialistes multiplient les conflits armés, dont sont victimes les populations.

Les anarchistes combattent depuis toujours le nationalisme et le capitalisme portant en lui « la guerre comme la nuée porte l’orage », renforçant la militarisation et l’autoritarisme des États, alors que la mondialisation néolibérale se vantait d’apporter la démocratie et la paix !

Cela ne semble être que les prémices de plusieurs années de guerres ou de tensions entre les pays les plus riches, jusque là épargnés en exportant leurs conflits ailleurs. le but étant de contrôler les ressources naturelles se raréfiant tout en créant des élans nationalistes nostalgiques des anciens « empires », vision glorifiée d’un passé fantasmé, qui passe sous silence des millions de victimes innocentes, et permettant de justifier idéologiquement ces guerres auprès de leur population. L’augmentation des budgets militaires de par le monde est elle aussi une réalité significative.

Notre combat pour construire un monde basé sur la solidarité, l’entraide et l’internationalisme est plus que jamais nécessaire.

Sur la situation en Ukraine, nous rejoignons l’appel de nos camarades russes pour mener des actions partout où cela est possible, suivant les moyens de chacun.e : « Pas de guerre entre les peuples ! Pas de paix entre les classes ! »  https://www.monde-libertaire.fr/?article=Contre_les_annexions_et_lagression_imperialiste.

Nous appelons également, dans le monde entier, à lutter contre le capitalisme, le nationalisme, l’impérialisme ainsi que l’armée (et le SNU, en France) qui nous poussent toujours vers de nouvelles guerres.

Nous sommes solidaires de nos camarades sur place, ayant décidé de fuir ou de se battre dans les milices d’autodéfense ukrainiennes, bien que nous sachions que des forces d’extrême-droite d’idéologie fasciste et nazie (mais en large minorité, n’en déplaise à Poutine) y opèrent également depuis 2014.

La main de fer de Poutine sur l’Ukraine signifierait la destruction du mouvement anarchiste dans cette région, comme il l’a réalisé notamment à l’est de la Russie ces dernières années : tortures, prison, exécutions étant l’avenir annoncé.

Comme toujours, ce sont les plus pauvres et les plus précaires qui vont souffrir des conséquences de cette guerre, les riches renforçant leur pouvoir et leurs profits, particulièrement dans le domaine militaire.

Même si nous sommes pacifistes et opposés à tout État, quel qu’il soit, nous comprenons la nécessité de lutter pour sa survie et résister à l’oppression.

Nous appelons également à la désertion massive de toutes les casernes militaires, partout dans le monde !

Nous sommes internationalistes et pacifistes, la solidarité est notre arme !

Fédération anarchiste, le 24 février 2022

[Communiqué FA] Blindés, cassez vous !

Le 14 février 2022

Le week-end du 12 et 13 février 2022 a été marqué par la mobilisation du « convoi de la liberté », comme nommé par les participantes et participants eux-mêmes. 

Quoique nous pensions des tenants et aboutissants portés par ce mouvement, c’est sur la réaction de l’État que nous allons nous arrêter aujourd’hui. 

La répression violente des mouvements sociaux s’est accentuée ces dernières années. Nous n’avons pas oublié les victimes des exactions policières lors des mouvements des Gilets Jaunes, des Free Party et autres. Décès, mutilations, violences gratuites de la part des forces du désordres, la liste est longue. 

La police se sent pousser des ailes ces derniers temps, en particulier parce qu’elle est soutenue par l’Exécutif, que ce soit la présidence de la République ou le ministre de l’Intérieur. 

Ce week-end a été l’occasion de monter encore d’un cran avec un défilé de moyens militarisés avant l’arrivée des manifestants. Nous avons pu voir des véhicules blindés et des hommes surarmés être exposés par la préfecture de Paris, sous ordre nous n’en doutons pas, comme dans n’importe quelle dictature autoritaire ou militaire.

Comment ne pas être saisi par les images des ces colonnes d’engins qui défilent dans les rues de la capitale ? Comment ne pas y voir une volonté de tenir les gens tranquilles par la peur de la matraque et de la répression avec des moyens largement disproportionnés ? Et qui fait cela dans le monde si ce ne sont les dirigeants de pays reconnus comme n’étant pas des démocraties libérales ? 

Face à ce basculement, la Fédération Anarchiste ne peut rester sans rien dire. Nous dénonçons cette militarisation de nos vies et nous le disons haut et fort : « Blindés, cassez-vous ! ». Nous ne pourrons jamais nous résigner à vivre sous le diktat d’une force de police surarmée. Nous appelons à la plus vive résistance et à la plus grande des vigilances face à la monté de cet autoritarisme matraqueur. 

Les relations extérieures de la Fédération Anarchiste

[Dans le ML] Informatique et liberté(s)

Vous connaissez les laisses à enrouleur : elles donnent l’impression au chien qu’il est libre… jusqu’à un certain point. Ici il est question de logiciels. À enrouleur ?

Beaucoup de personnes l’ignorent ou ne souhaitent pas se confronter à cet aspect, un logiciel informatique n’est pas un produit commun et ne s’acquiert pas comme un livre ou une baguette. Lorsque l’on achète un ouvrage auprès de sa libraire ou du pain auprès de son boulanger, on en fait bien ce que bon nous semble. Il n’en est rien auprès de son éditeur de logiciels : celui-ci ne nous accordera qu’un droit d’utilisation. Ce droit, cette licence, n’est cédée que sous certaines conditions, énumérées dans le « contrat de licence utilisateur final » (le fameux CLUF de Microsoft) et rédigées dans un abscons verbiage juridique. La plupart du temps, elle n’est accessible que contre une somme d’argent, bien qu’il existe certains logiciels « gratuits ».

Pour les vendeurs, la chose est également différente. Si la libraire doit acheter une réserve de livres bien réels auprès d’un éditeur qui les aura lui-même obtenus auprès d’un imprimeur ; si le boulanger doit commander de la farine et entretenir ses outils de travail ; l’éditeur de logiciels, lui, peut littéralement « multiplier les pains » sans grand effort puisque son produit, immatériel, peut être reproduit sans réelle limite.

Times Square in New York on a rainy night.

Achats sous conditions

Les conditions d’utilisation ou licences imposées aux utilisateurs, malgré le fait qu’elles soient généralement payantes, sont très restrictives. Il est interdit de copier le logiciel, droit réservé à l’éditeur puisqu’il est son seul moyen de profit, il est interdit de « démonter » le logiciel pour examiner son fonctionnement, par exemple, par décompilation… et nombre d’autres restrictions décrites dans chaque licence. Cependant, en matière de technologie, interdit n’est pas impossible. La loi permet alors de classer ces actions dans le registre de la contrefaçon et sont sévèrement punies.

Conséquence de ces barrières juridiques et commerciales imposées à ces logiciels dits « privatifs1 », il est impossible de participer à leur critique ou à leur amélioration sans être membre de l’industrie qui le produit et doté de suffisamment de pouvoir pour que sa voix ait un quelconque effet.

Dans les années 1970, l’informatique connaît un essor particulier au sein des laboratoires Bell de la société AT&T ainsi qu’au MIT, institut de technologie. C’est dans ces structures que sont passés des personnages importants pour la discipline, certains marqués semble-t-il par un état d’esprit détonant avec leurs institutions d’alors. On y verra apparaître le langage C2, fondamental pour l’informatique moderne, le système d’exploitation Unix3 et les fondements des logiciels à licence dite « libre ».

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[Publico] Achats de fin d’année : pensez à l’anarchie ! Catalogue Publico décembre 2021

La librairie Publico, gérée par la Fédération Anarchiste, vous propose son catalogue de fin d’année !

Le voici :

Vous retrouverez d’autres livres et nouveautés ici : https://www.librairie-publico.com/

N’hésitez pas à vous faire plaisir et à faire plaisir ! Commandez en ligne ! Faites vivre une des dernière librairie anarchiste de France.

LE MONDE LIBERTAIRE N°1833

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Edito :

MÊME PAS PEUR ?

Morts-vivants, spectres, revenants, squelettes…

La France aurait-elle peur ? Et la Belgique serait-elle en proie à la terreur la plus fétide ? C’est de saison sans doute. Sous le coup des aléas de l’histoire et des modes, une ancienne fête celtique a été remise au goût jour. Durant cette période, dit-on, la frontière entre le monde des morts et celui des vivants devenait perméable. Les revenants traînant parmi les vivants inspiraient la terreur. En retour, il convenait de faire peur aux revenants pour qu’ils retournent dans leur monde et fichent la paix aux vivants jusqu’à l’année suivante.
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APPEL À UN RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN LE 4 NOVEMBRE AU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LYON, À PARTIR DE 14H

Depuis le 23/09, sept militants antifascistes lyonnais sont poursuivis par le parquet de Lyon pour une altercation avec les intégristes catholiques du groupe Civitas, un groupe qui prône l’instauration d’un régime théocratique en France avec la reconnaissance du catholicisme comme seule « véritable religion ». Cette altercation a eu lieu lors d’une marche contre le pass sanitaire, manifestation que ces groupes d’extrême-droite tentent de récupérer afin de diffuser leur idées nauséabondes (racisme, antisémitisme, islamophobie, homophobie, transphobie)

Sur les sept inculpés, quatre ont été immédiatement incarcérés après leur garde-à-vue suite à leur passage devant le JLD et trois sont soumis à un strict contrôle judiciaire.

Plusieurs éléments dans l’attitude de la Justice et du Parquet nous interpellent :

Malgré l’absence de plainte et d’ITT de la part des militants de Civitas, et alors que ces derniers se situent plutôt du côté des habitués du coup de poing et des agressions que de celui des victimes (comme l’illustre le cas d’ Alexandre Gabriac, ancien fondateur des Jeunesses Nationalistes, dissoutes par le gouvernement, condamné par la justice à plusieurs reprises, et actuellement cadre important de Civitas), le Parquet s’autosaisit et mène une enquête entièrement à charge contre les militants antifascistes : aucun des militants de Civitas n’a été officiellement convoqué ni auditionné pour s’expliquer sur l’altercation. Par contre, la Police les a bien contactés, sans que l’on puisse comprendre les liens entre les enquêteurs et Civitas, ni même qui a été contacté.
Le caractère exceptionnel de la procédure : une comparution à délai différé. Créée en 2019, cette procédure rarement utilisée garantit une justice expéditive et un passage obligatoire devant le JLD à l’issue de la garde-à-vue, qui peut alors incarcérer ou placer sous contrôle judiciaire, sans preuve ni jugement.
Lors de son troisième passage devant une JLD le mardi 26 octobre pour demander une mise en liberté (refusée), l’un des camarades incarcéré a eu droit à des interventions étonnantes de la part du Procureur et de la Juge. Le Procureur a en effet apparenté un militant de Civitas à un représentant de l’autorité publique. Quant à la juge, pour justifier – entre autres choses – le maintien en détention, elle a considéré que notre camarade était l’auteur de violences discriminatoires liée à l’appartenance supposée du ou des militants de Civitas à la mouvance d’extrême-droite. Pour finir, ce même camarade s’est vu proposer en prison un stage de déradicalisation ! Le Parquet, les juges et l’administration pénitentiaire n’ont visiblement plus peur de rien.

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