[Dans le ML] Mad Marx : une fable marxiste dans un monde post-apocalyptique.

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article extrait du Monde libertaire n°1799 d’octobre 2018

Dans un monde post-apocalyptique inspiré du célèbre Mad Max, dévasté par des guerres nucléaires, des révoltes et habité désormais par des individus isolés dont le seul but est la survie, nous retrouvons Marx « le fou », un vieillard en chaise roulante, théoricien de la lutte des classes et du capitalisme, ainsi que Romane, une jeune fille sortie de prison ayant raté l’apocalypse et voulant retrouver sa sœur.

Les deux protagonistes vont chercher la sœur de Romane à « Monopolis »…

La websérie, en noir et blanc pour souligner le caractère apocalyptique de l’environnement, est composée de 4 épisodes de 20 minutes, et un épisode sera diffusé tous les deux jours sur youtube à partir du 15 septembre. L’environnement décharné est celui des alentours nantais, particulièrement bien mis en valeur par des choix de réalisation judicieux et une musique métal bien adaptée.

A l’occasion de la sortie de la websérie nous avons pu poser quelques questions au réalisateur sur ce projet collectif qu’il qualifie même de libertaire :

CRML : Pourquoi avoir choisi Marx comme l’un des deux personnages principaux?
Mathias Averty : Tout est parti d’un jeu de mot entre Mad Max et Karl Marx. C’était grisant d’imaginer ce vieux philosophe lutter contre le Capitalisme et la sauvagerie dans un monde post-apocalyptique. On trouvait que c’était hyper intéressant d’explorer toute la facette pop de ce personnage en avance sur son temps et d’en faire le Gandalf ou le Dumbledore de notre Révolution. Honnêtement, nous n’avons jamais lu le Capital en entier, on est plus des jeunes geeks humanistes que des universitaires, mais malgré tout, Marx reste une figure puissante qui constitue une grosse partie de notre héritage politique. Alors on s’est dit qu’on voulait lui offrir une nouvelle vie dans la série, casser un peu le cliché du philosophe hermétique en le présentant autrement : comme un vieux sage éclairé et bienveillant,

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[Dans le ML] Besoin de réacclimatation

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Besoin de réacclimatation

Article extrait du Monde libertaire n°1798 de septembre 2018

Août 2018
Il est plaisant de voir que les risques écologiques sont de plus en plus pris en compte par les humains sur cette planète. Sauf que comme toujours, nous réagissons trop en retard, incapables que nous sommes de nous projeter dans le « pire » afin de l’éviter. Car aujourd’hui, l’heure n’est plus à « tenter d’éviter le dérèglement climatique » ou de « ralentir le désastre écologique » comme nous pouvons l’entendre encore souvent. L’heure va être à l’adaptation et à faire des choix clairs pour l’avenir de l’humanité.

Fantasme de la planète « consciente »

Quand je lis et écoute les personnes qui ont une fibre écologique autour de moi je me rends compte qu’une large partie d’entre elles personnifient de plus en plus la planète. Elle aurait une forme de conscience et répondrait à nos attaques. Sauf que non : la planète c’est un gros caillou lancé dans l’espace, qui tourne autour du Soleil tout en suivant sa course folle, recouvert d’une couche d’atmosphère et d’eau, éléments propices à la colonisation de son biotope par la vie. Rien de plus, rien de moins. C’est juste l’endroit (et le seul connu a porté de main) où nous pouvons, nous humanité, survivre.

Ni conscience, ni inconscience, juste un lieu. Et les augmentations qui concernent les catastrophes climatiques violentes, les incendies plus fréquents, les saisons qui se transforment, l’eau de moins en moins potable, ne sont en rien une réponse à quoique ce soit, mais bien une conséquence mesurable et compréhensible scientifiquement de nos choix de vie, de nos impacts sur notre lieu de vie. Attendre une réaction de « la planète » pour nous sauver n’est qu’un dérivatif de la croyance en un être supérieur et protecteur. Une chimère aussi réaliste que de croire au Père Noël ou en quelques dieux.

Fantasme de la « grande purge »

Dans un cynisme parfois assumé, des courants se mettent à parler d’une grande purge. La planète (encore elle) aurait donc dans l’idée de réduire notre population par des morts par milliards afin de retrouver un équilibre. Cela ferait un bon roman de « fantasy », mais désolé, ce sont bien les humains qui feront ou non le choix de laisser crever leurs

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Le nouveau Monde Libertaire 1799

Le Monde Libertaire du mois d’octobre est enfin sorti ! Retrouver son édito sous la couverture !

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Édito :

Vieillesse et Anarchie, une perspective différente sur la vieillesse

Alors que la vieillesse est une problématique majeure de notre temps, spécialement dans nos sociétés occidentales vieillissantes, et que nous avons tous à l’esprit des exemples de proches avançant en âge, le traitement médiatique général de cette question se fait sur le mode, hélas désormais extrêmement répandu, de la gestion et de la gouvernance. Il faudrait « gérer » la vieillesse, comme on gère des flux ou des dispositifs.


Dans un monde ou la réification est une norme, à savoir où le rapport des humains aux humains est remplacé par le rapport des choses aux choses, la vieillesse devient un problème de plus à régler de façon gestionnaire, en débloquant des budgets et en ouvrant des établissements. De ce fait les personnes âgées, disons les vieux pour ne pas faire dans la langue de bois officielle, sont souvent traitées comme des poids, comme des coûts, voire uniquement comme des corps. Le triste exemple médiatisé des EHPAD – premier arbre d’une forêt d’éléments qu’il faut prendre en compte -, principalement des EHPAD privés, montre bien la réalisation de cette pensée de la gestion où les places sont chères et où les vieux sont utilisés comme des façons de faire du profit. Ainsi la vieillesse est à la fois spécifique et représentative. Spécifique dans ses problématiques relatives à la perte d’autonomie et à l’accompagnement, mais représentative et centrale politiquement en ce qu’on lit dans les problématiques relatives à la vieillesse les mêmes problèmes qui courent dans l’ensemble de la société : l’isolement et l’atomicité, la concurrence, l’égoïsme et la perte de liens et la réduction des individus à des choses.
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Le nouveau Monde Libertaire 1797

Voici le « numéro d’été » du Monde Libertaire !

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Edito :

Mi-Juillet, le moment du passage de témoin. Un nouveau Comité de rédaction issu du dernier congrès. Sans fanfares, sans flonflons, sans feux d’artifice.

Que dire ?

Que nous allons tout faire pour que l’équipe précédente ne regrette pas de nous avoir confié les clefs du journal. …

[Dans le ML] Qu’est-ce que le néolibéralisme ?

Juin 2018

(Dans le numéro 1796 du Monde Libertaire)

Le terme de néolibéralisme est omniprésent dans les discours militants ou savants depuis vingt ans. Des intellectuels majeurs, quils soient marxistes, libertaires, sociologues, philosophes ou économistes, comme Foucault, Bourdieu, Harvey, Chomsky, Levy et Duménil, Boyer, et bien dautres, sy réfèrent de façon constante. De la même façon des associations comme ATTAC, des journaux comme Le Monde Diplomatique, et même des journaux plus mainstream, comme Le Monde ou même Le Figaro traitent du néolibéralisme comme une réalité contemporaine.

Ce terme a même été repris lors de la récente campagne pour les élections présidentielles puisque Marine Le Pen a qualifié lors des débats ses interlocuteurs d’ultralibéraux ou de néolibéraux. Le concept est dailleurs un objet dintenses débats en France, et plusieurs publications lui ont été consacrées comme le monumental Néolibéralisme(s) de Serge Audier et La nouvelle raison du monde de Pierre Dardot et Christian Laval. De quoi parle-t-on donc quand on parle de néolibéralisme ? Est-ce un concept fourre-tout ou peut-on lui trouver une certaine unité conceptuelle ?

Je vais ici essayer de restituer le résultat de plusieurs lectures et recherches tout en évitant trois écueils fondamentaux pour l’analyse du néolibéralisme. Le premier écueil, souvent le fait des penseurs marxistes, est celui de « l’économicisme » : le développement du capitalisme implique le néolibéralisme en fonction de l’évolution de facteurs endogènes qui sont des facteurs de production (par exemple conjurer la baisse du taux de profit en proposant une nouvelle partition travail/capital), cette perspective, quoi qu’intéressante, met l’accent uniquement sur les facteurs endogènes et économiques et conduit à voir l’histoire de manière mécanique, tout cela au détriment d’autres éléments d’explication.

Le deuxième écueil est celui du complotisme, qui consiste à croire qu’un groupe ultra-minoritaire d’intellectuels aurait, par le fait du lobbying, infléchi toute la politique mondiale en quelques dizaines d’années. Cette perspective se fonde sur des faits corrects mais tend là encore à produire un discours monocausal réducteur, niant l’autonomie relative des différents champs, politiques, économiques, intellectuels et sociaux. Enfin le dernier écueil, fondé sur la même logique, consiste à ne se focaliser que sur certains éléments explicatifs (la « force inhérente » des théories libérales, dans une perspective idéaliste, ou la focale mise sur les médias comme « chiens de garde » propagateurs d’une nouvelle idéologie)1.

Aux origines du néolibéralisme

 Le terme de néolibéral trouve son origine dans les années 1930, et notamment dans le Colloque Lippmann, tenu en 1938 à Paris. Il réunit des intellectuels libéraux venus penser la refonte du libéralisme, qui se trouve être en crise, notamment après la crise de 1929, dont les effets se font sentir jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

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[Dans le ML] Sauver le bac ? Mon cul !

Février 2018.

(Dans le numéro 1794 du Monde Libertaire)

Je dois avouer que l’appel à sauver le bac dans le numéro 1792 du Monde Libertaire m’a, comment dire, un peu contrarié. Pas que je trouve le texte mauvais, il expose assez clairement une vision classique de la lutte des classes et du travail comme valeur centrale (définition par lui-même, ses codes et conventions et non par l’individu), mais parce qu’il me semble malgré lui prendre le pas d’une des plus grandes fumisteries de l’histoire moderne : l’école de la république serait égalitaire.

L’école n’est pas un lieu d’égalité et ne l’a, de fait, jamais été. Depuis sa création, l’école a pour vocation de permettre l’accès aux besoins nécessaires à une société basée sur un mode de gestion pyramidale. Que ce soit la royauté et/ou le capitalisme, l’accès au savoir y est donné en fonction des besoins et non pour le simple plaisir d’émanciper les foules. Les analyses d’une Louise Michel et d’un Sébastien Faure restent pertinentes aujourd’hui, même si mai 68 est passé par là.

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