[Communiqué FA] Libertés d’aimer, d’être et de jouir : on ne négocie pas!

16 mai 2020

Le 17 mai est la journée internationale de lutte contre les LGBT+phobies. En cette période particulière, nous ne pouvons que nous porter aux côtés de celles et ceux concerné.E.s par ces haines qui gâchent la liberté et la vie de bien trop de monde.

Avec la période de l’épidémie mondiale de la COVID19, nombre de pays, dont la France, ont confiné leurs populations pour mieux les protéger. Si la protection contre le virus a été efficace, cet enfermement « en famille » a été une période de calvaire immense pour bien des personnes Lesbiennes, Homosexuelles, Bisexuelles, Trans ou Queer. Souvent niées, c’est pourtant bien au sein des familles que les pires choses se produisent. Violences, humiliations, meurtres. En France comme ailleurs.

Difficile pour celles et ceux qui se « cachaient pour mieux  vivre » de devoir affronter une présence malsaine sur les épaule 24 heures sur 24. Combien « d’outing » forcés qui ont entraîné le pire ? Combien de violences ?

Pour les personnes Trans, c’est souvent la double peine : celle de devoir cohabiter avec des ennemis, mais en prime de voir l’accès aux traitements de transition rendu plus difficile. Lire la suite

[Témoignage] Confinement, un journal…

Mon journal du confinement

Vendredi 13 mars 2020,

Journée vraiment particulière au lycée. On a appris la veille au soir que le confinement entrait en vigueur au début de la semaine prochaine, que les écoles,collèges, lycées, universités allaient fermer dès lundi. Notre cher ministre avait pourtant déclaré environ 3h plus tôt que la fermeture des établissements scolaires n’était absolument pas envisagé… Bon j’avais bien remarqué qu’il ne savait jamais de quoi il parlait, voilà c’est confirmé !

Un cours avec les terminales de 9h à 10h, les questions fusent, je leur dis que je ne sais pas grand-chose, qu’il est urgent d’attendre et qu’une réunion des personnels à la récré de 10h nous en apprendra davantage. En attendant je me dépêche définir le chapitre en cours, on pourra ainsi faire des exercices type Bac sur les probabilités conditionnelles. (Sachant que la réunion est prévue de 9h50 à10h15, quelle est la probabilité que le cours suivant commence avant 10h30 ?)

Notre chef d’établissement nous parle de continuité pédagogique, de maintenir le contact avec les familles et les élèves, que les professeurs seront amenés à venir au lycée pour les conseils de classes et éventuellement s’occuper des enfants de soignants et que pour commencer on ferait une AG lundi à 9h… pour décider…de comment on va faire quoi.

La séance est houleuse, on sent la nervosité chez certains, entre maladresses et incompréhension, une collègue sort en claquant la porte.

Je reprends mes cours à 14h, ça me laisse le temps de réfléchir à la façon dont je vais optimiser mes dernières heures avec mes classes, faire des photocopies à distribuer aux secondes, des fiches d’exercices sur les vecteurs, ils auront toujours de quoi s’occuper au début, car je doute que l’ENT (Espace Numérique de Travail) tienne le choc, on sait bien que quand tous les profs sont dessu sen train de rentrer les appréciations pour les conseils, il tombe en rade…L’idée de passer l’après-midi avec les élèves surexcités me fait monter une vieille angoisse, déjà que le vendredi de 15h à 17h avec les 2nde 4 c’est une épreuve, alors là… Faudra leur dire de passer à leurs casiers récupérer tous leurs bouquins avant de rentrer chez eux.

Faut avouer que ne plus voir les élèves pendant plusieurs semaines me rend très joyeuse moi aussi !

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[Témoignage] Amour, Révolte et … Galère !

Salut c’est King’s Queer !


On est un duo electro post punk. Donc nous sommes musicien.ne.s. C’est notre vrai métier, on ne vit que de cela. Nous sommes professionnel.le.s mais pas intermittent.e.s comme une grande partie des artistes. Être intermittent.e c’est compliqué, très compliqué. C’est rentrer dans un système « institutionnel » pas très adapté surtout si tu es dans un réseau de lieux autogérés, petites salles, bars, assos, etc.

Du coup tu te retrouves à toucher de l’argent seulement quand tu te produis. Tu joues pas : tu n’as rien. Pas de chômage, aucun parachute de secours… On était toujours sur la corde raide, chaque mois on serre les dents mais ça va, on arrivait à se débrouiller à coups de système D. C’est le prix de la liberté de création, d’action et de diffusion, qui nous est primordial.

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Réapproprions-nous le 1er Mai !

Vous trouverez ici la version PDF du texte du groupe Graine d’anar écrit pour le premier mai 2020  : 20200501 Tract 1er mai 2020

Un 1er mai confiné…

Un 1er mai où nous ne sommes pas dans la rue… Nous manquons les chants, les merguez et la mauvaise musique de sono, mais ce que nous perdons surtout aujourd’hui c’est l’occasion de manifester dans les rues, sous les fenêtres, les raisons actuelles et historiques de s’élever contre le travail et le capital qui le porte. Nul doute que les médias et la presse, eux, soumis qu’ils sont aux directives de l’État et du patronat, seront opérationnels pour relayer le discours des premiers de cordée sur la « traditionnelle fête du travail ». Pourtant le 1er mai n’est pas la fête du muguet ; le 1er mai est et restera la journée internationale de luttes des travailleurs et des travailleuses, des exploités.

Une fête, le 1er mai ?

Certainement pas. Pour nous, anarchistes, il s’agit avant tout d’une journée de commémoration, de deuil. Nos drapeaux noirs portent la souffrance fondatrice des syndicalistes arrêtés arbitrairement, à la fin d’une manifestation pour la journée de huit heures ayant été fortement réprimée par la police, sur Haymarket Square, à Chicago, en 1886. Condamnés à mort pour l’exemple, pour un attentat qu’ils n’ont pas commis (à savoir l’explosion d’une bombe artisanale au milieu de policiers en faction), quatre d’entre eux – Parsons, Engel, Spies et Fischer – sont pendus, tandis qu’un dernier – Lingg – se suicide dans sa cellule. Sans leur rendre aucun culte, nous les considérons comme des symboles du combat contre le salariat, et nous souhaitons par conséquent honorer leur héritage en faisant de ce jour un moteur des luttes sociales, de l’auto-organisation des opprimés et des alternatives révolutionnaires.

La journée des travailleurs et des travailleuses

L’an dernier, à la même date, Emmanuel Marcon s’exprimait en ces termes : « Le 1er mai est la fête de toutes celles et ceux qui aiment le travail, le chérissent, parce qu’ils produisent, parce qu’ils forment, parce qu’ils savent que par le travail nous construisons l’avenir. Merci de porter ces valeurs et d’œuvrer chaque jour pour notre nation. » Non ! Le 1er mai n’est pas le jour de celles et ceux qui aiment le travail et le salariat, qui défendent la nation. En félicitant « ceux qui aiment le travail, le chérissent », le chef de l’État s’engage dans le sillage de Pétain qui, en 1941, avait rebaptisé le 1er mai « Fête du Travail et de la Concorde sociale », avec pour unique objectif d’occulter les antagonismes de classes. Hier, comme aujourd’hui, ne laissons personne se réapproprier nos luttes. Ce n’est pas parce que nous sommes confinés que nous ne ferons pas entendre nos voix.

Gestion étatique de la pandémie

La situation sanitaire mondiale exceptionnelle que nous traversons, et la façon dont elle est gérée par les gouvernants de tous les pays, ne font qu’accentuer les raisons de lutter. Le virus du covid-19 amplifie les travers, les dominations, les oppressions, contre lesquelles nous n’avons de cesse de nous élever. La pandémie et sa gestion accentuent les inégalités au point qu’elles deviennent visibles même à celles et ceux qui n’exercent pas d’habitude un regard critique sur la société.

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[Témoignage] EHPAD, COVID et moyens ….

Je m’appelle Delphine. Je suis aide soignante et militante syndicale dans une EHPAD. Pas un établissement comme ceux que l’on vous montre à la télé, où les résidents et leurs familles ont les moyens et où les moyens sont donc mis en place pour les résidents.Non, je suis salariée dans une EHPAD pour pauvres. Le mot vous choque peut être mais c’est comme ça. Des anciens ouvriers, des anciennes femmes au foyer, etc… Ici, on aide et soigne les gens qui sont en route vers une dépendance plus grande après avoir été toute leur vie au bas de l’échelle.

Avant le coronavirus, on manquait déjà de tout. De personnel déjà. Parce que les bras, c’est important. Moins nous sommes, moins les contacts humains existent. Moi, j’ai 10 à 12 résidents à ma charge. Parfois plus. Oui c’est trop. L’idéal serait que j’en ai 5. Comme dans les EHPAD de luxe. Mais ce n’est pas le cas.

Tout est compté et limité : les couches que l’on utilise, les tabliers pour les toilettes (j’en ai un pour la journée alors qu’il m’en faudrait un par résident), le nombre de douche par semaine limité à une et je ne vous parle même pas du manque de temps, tout simplement, pour avoir un relationnel correct avec les résidents. Alors que la plupart dépendent de nous pour tout, même pour manger. C’est simple, pour moi, c’est de la maltraitance institutionnalisée.

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[Témoignage] Ils veulent vraiment que l’on sacrifie les enfants ?

Je travaille dans un institut spécialisé pour déficients visuels et aveugles.
Cette nuit, nuit blanche. Hier on a reçu une circulaire confirmant la reprise de l’école le 11 Mai et demandant aux professeurs d’exercer dans le respect des règles d’hygiène de précautions et d’en faire un enjeu pédagogique.

Les déficients visuels et aveugles se rassurent souvent par des petits gestes consécutifs, proches des troubles du comportement, appelés blindisme, qui leur servent de stimulation visuelle.

Ce sont des balancements ou mouvements faciaux et souvent ils passent leurs mains devant leur visage pour créer un contraste de lumière ou de chaleur qui les tient éveillés.
Donc notre visée pédagogique va consister à leur rappeler de ne pas toucher leur visage, en bref on va devenir la police des petites mains baladeuses.

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