[Trouvé ailleurs] LE MONOLOGUE DU BON VOISIN EN TEMPS DE CONFINEMENT

L’intégralité de ce texte est à retrouver ici : https://lundi.am/Le-monologue-du-bon-voisin-en-temps-de-confinement

LE 10 JUILLET 2020

La voisine passe encore dans la rue. C’est quand même incroyable. Ces gens qui se croient tout permis, égoïstes qui nous font prendre des risques. Ça m’exaspère. Pourquoi elle ne reste pas chez elle comme tout le monde ? Avec ces prétextes de vouloir se dégourdir les jambes, de prendre l’air, mais pour qui se prend-t-elle ? Pourtant je l’aimais bien Mme Vernon, quelqu’un de bien, rangée, qui préparait le repas deux fois par jours et qui n’a jamais fait d’histoires dans le quartier. Mais c’en est trop. Si elle repasse encore, je vais devoir signaler son comportement douteux en appelant le commissariat. On ne peut plus tolérer ces gens qui nous font prendre des risques, ces inconscients, irresponsables. Les gens ne comprennent pas ce que ça veut dire. Et dire que mon Hervé se décarcasse à aller chercher le courrier avec sa grosse pince-crocodile pour ne pas le toucher. Puis je le vois batailler avec la pince et un ciseau pour sortir le pli de son enveloppe, sans le déchirer. Pourquoi déployer tant d’efforts pour bloquer le virus en limitant les contacts, mêmes indirects, comme avec la factrice, si c’est pour que d’autres se baladent tranquillement, profitent du paysage et d’un petit moment d’activité physique dans la belle campagne. C’est que les gens ne savent pas qu’ils sont porteurs et ils l’amènent dans leurs déplacements.

Quelques temps auparavant, l’idée de mettre en place un système de points circulait. Pour les bons citoyens responsables, qui prennent au sérieux la menace qui pèse sur nous, qui ont peur et qui ont adapté leur vie en conséquence, des points bonus qui nous permettent de temps à autre, en fonction des quotas, d’aller faire une sortie un peu plus loin. Les autres, les profiteurs de plein air, ceux qui ne savent pas respecter les règles bonnes pour tous, ceux qui ne peuvent pas attendre deux semaines pour sortir de chez eux, auraient eu des points malus. Je suis sûr que ce système aurait parfaitement fonctionné, en récompensant et en pénalisant. D’ailleurs lors des expérimentations dans quelques villes, il y avait déjà eu tant d’appels au service dédié pour signaler les voisins qui profitaient de la situation pour sortir. Mais enfin cette régulation n’a finalement pas été adoptée, pour le moment.

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[Trouvé ailleurs] GARE AUX CONSÉQUENCES POLITIQUES DU CONFINEMENT

L’intégralité du texte est lisible sur le site Lundi.am à cette adresse : https://lundi.am/Gare-aux-consequences-politiques-du-confinement

Cette situation de confinement interroge profondément les ressorts du politique. Il y a quelques jours je suis sortie faire un footing avec mon compagnon : pas sur les berges du fleuve, que le préfet zélé a interdit d’accès, mais dans les lotissements autour de chez nous. Personne, ou si peu, dans les rues. Un homme (la soixantaine ?) sort relever le courrier dans la boîte aux lettres de son pavillon : il extrait une lettre à l’aide d’une pince crocodile. Il rentre chez lui en nous lançant un regard furtif, tenant toujours l’objet supposément contaminé bien à distance. Plus loin un automobiliste nous fait signe. De la main il réprouve notre sortie. L’activité physique est pourtant permise autour de chez soi, nous sommes certes deux, mais enfin nous vivons ensemble, cela ne change pas grand-chose. Ce simple geste me déstabilise. J’ai envie de rentrer. Ce n’est pourtant rien si l’on pense au filtrage musclé organisé par les forces de l’ordre qu’ont dû essuyer mes colocataires pour accéder au marché samedi matin ; l’un d’entre eux est d’ailleurs rentré bredouille, lui qui n’avait pas son laisser-passer. Depuis le gouvernement a durci les consignes de confinement : plus de pratiques sportives hors de chez soi.

L’attitude de ces deux hommes, croisés au fil d’un jogging, me semble révélatrice d’une même série de mécanismes politiques.

IMAGINAIRE ET GOUVERNEMENT

L’imaginaire oriente la conduite de ces deux voisins. Le soixantenaire à la pince croit en la présence toute proche du virus parce qu’il a peur pour lui-même et pour ses proches. La crainte fait naître en lui des images qui ne sont rien d’autre que sa réalité. La peur est dotée d’une véritable puissance phantasmagorique. L’automobiliste moralisateur fait quant à lui exister la loi en y croyant. Pour nous qui faisions le tour du pâté de maison, l’interdiction de sortir à plusieurs n’était qu’un conseil, une demande officielle que nous trouvions injustifiée dans la mesure où nous vivons ensemble. Que je sorte seule ou que nous sortions à deux, le résultat nous semblait identique : le risque de contamination des autres n’était pas augmenté, pas plus que celui de ramener le virus à la maison. Pour l’automobiliste grincheux en revanche, les demandes du gouvernement sont devenues des impératifs impossibles à transgresser, mâtinés de moralité. Dans les deux cas l’imagination fait exister l’impalpable : la loi n’existe que parce que nous lui accordons du crédit, le virus est présent même là où il n’est pas parce que nous y pensons. L’imaginaire nous gouverne ; et gouverner, c’est créer des imaginaires.

En effet, comment se forgent ces images ? Les discours scientifiques n’ont pas suffi, l’exemple de la Chine non plus, pas même encore celui de l’Italie. Nous avons tardé à y croire, à prendre la menace au sérieux. Il a fallu des décisions institutionnelles pour forger les esprits : l’annonce de la fermeture des établissements scolaires, la fermeture des magasins dits « non essentiels », le confinement, le confinement renforcé. La possibilité d’autres annonces à venir consolide encore les configurations mentales. Ces décisions institutionnelles – et leurs annonces théâtralisées – sont des détonateurs : elles déclenchent des prises de conscience, elles font tourner à plein les imaginaires, et ce parce qu’elles engendrent des problèmes. Comment continuer à gagner ma vie ? ……. La suite ICI 

[Communiqué FA] Sanitaire ou pas, non à l’état d’urgence !

Sanitaire ou pas, non à l’état d’urgence !

19 mars 2020

Comme toujours, c’est en période de crise, de guerre, de violence ou de pandémie que se révèle le fondement autoritaire des États. Et celui dirigé par Emmanuel Macron ne fait pas exception.

C’est au moment où la population est sous pression et tente de respecter au mieux les demandes des épidémiologistes pour freiner la progression du coronavirus que le gouvernement français décide de soumettre le pays à un nouvel « état d’urgence ». L’objectif est limpide et avoué : donner plus de pouvoir à l’Exécutif !

Alors qu’il est incapable de venir en aide aux sans-logis, alors qu’il maltraite les personnes enfermées dans les prisons et les CRA (1), alors qu’il refuse de donner des moyens pour la santé il faudrait octroyer plus de pouvoir à l’État français ? Au fond ce besoin d’autorité n’a-t-il pas pour but de nous imposer de ne pas combattre la machine capitaliste ? Travaille, consomme, confine ? Lire la suite

[Communiqué FA] 8 mars, et après ?

8 mars, et après ?

Le 06 mars 2020

La plupart des groupes et individuel.le.s de la Fédération Anarchiste vont participer aux 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des Femmes. Même si le Capital et les réactionnaires, souvent de paire d’ailleurs, tentent de faire de cette journée une sorte de « journée de la femme », jour où il faudrait se comporter avec les personnes se reconnaissant dans le genre féminin comme vis à vis de bébés renards, avant de leur arracher la peau à vif quelques jours plus tard pour faire un manteau.

Car c’est bien là tout le problème : une journée sur une année ne sera jamais suffisante ! Le combat contre le sexisme, le patriarcat et en fait les positions de pouvoir ne peut pas se résumer à une journée de lutte, fut-elle bien préparée. C’est un combat de longue haleine qui doit être mené, sans faiblir, sans renoncement et sans illusion aussi quant à sa durée. Oui on avance mais clairement pas assez vite.

Nous ne ferons pas dans ce communiqué une litanie de chiffres des violences subies, ils sont aujourd’hui connus. La parole des Femmes dans le monde se libère, et c’est une très bonne chose. Même s’il ne faut pas sous estimer que souvent, cette parole libérée l’est dans les couches de la société la plus aisée, laissant encore dans l’ombre les plus démunies. Mais cela ne suffira pas, et nous le savons. Dire n’est pas agir. Compatir n’est pas changer.

Il va falloir s’attaquer à tout ce qui oppresse les Femmes, à tout ce qui tend dans notre société à rendre central le genre masculin. Familles, États, Religions, Éducations, Salariats, Cultures, Traditions, Représentations, Injonctions… Etc… Etc…

Nous, membres de la Fédération Anarchiste, savons qu’un simple aménagement de la société actuelle ne suffira pas, que si l’égalité est à viser, elle ne passera pas par la simple féminisation de l’existant mais bien par la destruction des carcans pour construire une nouvelle société.

Alors le 8 mars, agissons ! Mais après, continuons !

Ni Dieu, ni maître, ni mari, ni patron !

Relations extérieures de la Fédération Anarchiste

PDF : 20200306 Comuniqué FA 8 mars et apres