[FA – Relations Internationales] Liberté pour Rafael Braga

Vous trouverez ci-dessous le communiqué des Relations internationales de la Fédération Anarchiste concernant Rafael Braga.
Plus d’infos ici : https://libertemrafaelbraga.wordpress.com/
Pétition : https://www.change.org/p/ministro-de-justicia-gobierno-de-brasil-libertad-para-rafael-braga?

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Le 20 juin 2013, il y a quatre ans, Rafael Braga, un homme noir de 25 ans, qui vivait dans la favela de Vila Cruzeiro à Rio de Janeiro, a été arrêté au moment de la dispersion d’une manifestation, à laquelle il n’a pas pris part, contre la montée du prix des autobus dans la région Centre de Rio. Il a été arrêté avec deux bouteilles en plastique avec le désinfectant « Pinho Sol » et l’eau de javel « Barra » qui ont été montrées par la police ouverte et avec des chiffons.

Rafael a servi de bouc émissaire pour le gouvernement brésilien en réponse aux manifestations en 2013 où il fut le seul condamné. Il a été accusé par la police de porter des cocktails Molotov. Il a été défendu par un avocat commis d’office, et il a été condamné à cinq ans et dix mois de prison pour avoir transporté des objets incendiaires.
Cependant, le rapport de l’escadron anti-bombes de la Policia Civil témoigna que Rafael avait des produits de nettoyage qui avaient d’infimes possibilités de fonctionner comme cocktail Molotov.

Le 1er décembre 2015, il a été libéré de prison et placé en liberté conditionnelle, contrôlé par un bracelet électronique parce que la défense a été assumée par l’Institut des défenseurs des droits humains, qui avait fait appel de la sentence, et Rafael put revenir à la favela avec sa famille à Cascantinha. Le 12 janvier suivant, seulement un mois après, Rafael a été arrêté de nouveau par l’UPP (police militaire) locale qui l’a inculpé grâce au recours à un « kit de flagrant délit », consistant à placer chez lui de la drogue (0,6 g de marijuana et 9,3 g de cocaïne) et, dans ce cas, des fusées de feu d’artifice, qui sont couramment utilisées dans les favelas pour avertir de l’entrée de la police.

Ces « kits de flagrant délit » sont fréquemment utilisés par la police, parce que, selon la loi d’État de Rio de Janeiro, bien qu’il n’y ait pas d’autres preuves incriminantes, la parole de la police est suffisante pour condamner un accusé. Surtout s’il est pauvre, Noir et s’il vit dans une favela. Cette pratique est utilisée pour justifier les morts, les détentions d’innocents et les inculpations Lire la suite

Le nouveau Monde Libertaire 1790

Quoi de mieux pour les vacances que de bonnes lectures ? Et si vous profitiez d’un peu de temps pour lire l’excellent numéro d’été du Monde Libertaire ? En kiosque ou par abonnement ICI !

EDITORIAL – ML n°1790

La Révolution russe est de celles qui marquèrent profondément et durablement les esprits et la politique.

Aujourd’hui, un siècle s’est écoulé depuis que les bolchéviks, sous l’égide de Lénine, lancèrent un vibrant « tout le pouvoir au soviet ! » à la face du Tsar et de l’Europe en guerre.

Cette injonction pleine de promesses laissait augurer un monde meilleur à tout.es celles et ceux qui, dans le monde entier, se trouvaient opprimé.e.s par le capital.

Les anarchistes soutinrent dans un premier temps ce soulèvement et y participèrent activement, espérant que la révolte se propage, en Allemagne et en France… alors même que ces deux puissances faisaient crever leur peuple, dans les tranchées comme à l’arrière.

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A45 : destruction, privatisation et mort

Le Groupe Graine d’Anar apporte son soutien plein et entier à toutes les initiatives qui seront entreprises pour empêcher la mise en place de l’autoroute A45 entre Lyon et Saint-Etienne.

Ce projet, issu de la pensée la plus capitaliste et réactionnaire qui soit, n’est qu’un projet de mort, un de plus ! Celui-ci s’inscrit dans la lignée des aéroports, des lignes à grande vitesses (Lyon – Thurin), des sites d’enfouissement, des centres de vacances sous bulle et autre barrages inutiles !

Les moyens de transport existants, volontairement laissés à l’abandon, suffisent largement. La remise en place de transports collectifs efficients et efficaces, gratuits et ouverts à toutes et tous, serait bien plus urgente qu’une nouvelle autoroute.

Que se cache-t-il derrière l’A45 ? La privatisation une fois de plus de l’espace publique au profit d’un groupe privé qui pourra bétonner,enfermer et s’enrichir à loisir. Mais il parait que c’est bon pour “La Croissance” !
La destruction de milliers d’hectares de terres arables qui sont le socle d’une alimentation de qualité et de proximité. Mais il parait que c’est bon pour “La Croissance” !
L’enlaidissement du paysage, la mutilation des villes et villages, au profit du tout automobile, pour gagner quelques minutes entre Saint-Etienne et Lyon. Mais il parait que c’est bon pour “La Croissance” !
Le rêve de la salariée et du salarié mobile et corvéable, qui pourra faire des heures de bagnole pour aller “vendre sa force de travail”, après avoir payé son obole au groupe qui détiendra l’autoroute. Mais il parait que c’est bon pour “La Croissance” !

C’est pour ces raisons que face à ce projet ,de par son inutilité et ce qu’il porte,  le Groupe Graine d’Anar salue toutes les initiatives qui seront prises.
L’Etat, la Région, les Métropoles étant parties prenantes de ce projet, nous savons bien que la voie légale ne suffira pas à empêcher ce désastre. Nous savons aussi que c’est le rôle de ces institutions, créées pour permettre aux possédants d’être toujours plus riches, qui poussent à cette illégalité. Ce sont leurs choix qui entraînent nos modes de luttes.

Plus que jamais, il nous faut changer et renverser cette société malade. Ne tentons pas de moraliser le capitalisme, coupons lui la tête !

Vive la lutte et l’anarchie !

Graine d’Anar – Juillet 2017

Motion Economique et sociale (75 ème congrès de la FA)

Vous trouverez ci dessous la motion « Economique et sociale » adoptée au 75 ème congrés de la Fédération anarchiste des 3 au 5 juin 2017 Merlieux


75e Congres de la Federation anarchiste – Merlieux : Motion sur la situation economique et sociale

La Fédération anarchiste s’est réunie lors de son 75e Congrès les 3, 4 et 5 juin 2017 à Laon et merlieux dans l’Aisne pour aborder l’évolution du monde et actualiser son projet anarchiste.

Le capitalisme globalisé et ses soutiens étatiques et religieux accentuent leurs pressions sur l’humanité et l’environnement, pour asseoir par des modes de régulation et de production de plus en plus brutaux le triomphe de la
logique de profit.

La thèse de la crise permanente du capitalisme qui justifie les politiques d’austérité et de régression sociale sert à camoufler la réalité : les riches sont de plus en plus riches tandis que les pauvres sont de plus en plus nombreux et
plongent dans la misère. En cela, le capitalisme remplit parfaitement le rôle qui est le sien.

L’arrogance des capitalistes encouragée par une véritable colonisation des esprits remet aujourd’hui en cause le pacte concédé à l’issue de la seconde guerre mondiale qui institua la protection sociale, le système de retraite par
répartition et une redistribution limitée des richesses pour éloigner le spectre révolutionnaire et développer une nouvelle classe dite moyenne et la société industrielle et de consommation de masse.

Le système capitaliste cherche sans cesse de nouvelles sources de profits incarnées aujourd’hui par le capitalisme vert, la numérisation et la robotisation de l’économie et même la fin du salariat en individualisant la relation entre
le travailleur et son patron par l’uberisation et l’autoentreprenariat. Le capitalisme paupérise la classe moyenne dont la première utilité était de neutraliser le danger révolutionnaire, ce qui rend la lutte des classes plus
franche et plus directe.

En contrepartie, l’appareil répressif étatique et l’emprise des religions sur les consciences se renforcent pour imposer la peur et la résignation. L’état d’urgence qui était une exception devient la norme, la présence militaire dans les rues, la surveillance généralisée et les restrictions des libertés publiques se banalisent, la police se militarise et se radicalise, devient factieuse et multiplie les violences et
les provocations.

Les élections présidentielles passées et législatives à venir démontrent une progression des tendances souverainiste et populiste en même temps qu’une volonté avérée d’effacer la conscience de classe en affirmant supprimer le clivage gauche-droite comme l’ont souligné les deux finalistes de la dernière course à l’Elysée. Le pouvoir a mis en place le candidat le plus à même de défendre les intérêts du patronat et de la Finance. Sa mission est un programme de démolition sociale dans la droite ligne des présidents et gouvernements précédents en marche vers le détricotage du Code du travail, une fiscalité antisociale, la suppression des régimes spéciaux et la mise en place d’un système de retraites par points…

Le Front national a dépassé les dix millions de voix en jouant sur la peur de l’autre et en s’érigeant en défenseur de façade des acquis sociaux. Pour autant, le Capital n’a pas aujourd’hui besoin du FN pour arriver à ses fins : le MEDEF a appelé à voter Macron.

Le projet Mélenchonniste est une impasse. Le modèle du leader charismatique, nouveau sauveur suprême, messie des temps modernes, incarnation du « peuple » a détourné la question sociale du terrain de la lutte des classes vers celui de la lutte des places. L’imposture des partis Syriza et Podemos en Europe ou des régimes de Chavez et Maduro au Venezuela témoignent de leurs soumissions
aux diktats capitalistes : le Pouvoir reste maudit.

Si les anarchistes sont volontairement absents des urnes et du spectacle médiatique, ils demeurent présents et actifs dans les luttes et les alternatives. Notre anti-électoralisme est en phase avec le rejet grandissant de la classe politique et un intérêt croissant pour le mandatement impératif, la rotation et la révocabilité des mandatés et le fédéralisme libertaire.

La tâche des révolutionnaires est de dessiner des perspectives permettant de crédibiliser et d’envisager la transformation sociale. En cela le mouvement anarchiste n’a pas capitulé et reste fidèle à son projet révolutionnaire : le socialisme libertaire sans frontières. Pour cela, la diffusion de nos idées et de nos pratiques doit rester notre tâche essentielle, tout en apprenant des luttes diverses et en menant le nécessaire travail de remise en cause et de réactualisation de nos propositions et de nos pratiques.

Les temps prochains nécessiteront la mobilisation de toutes les forces attachées à l’émancipation, la Fédération anarchiste réunit en son 75e Congrès prendra toute la place qui lui revient dans ce combat et appelle les individus et groupes qui partagent notre projet commun à la rejoindre et à la renforcer.


Motion économique et sociale 75e Congrès de la FA

(Pour télécharger, faire « Clique droit » et « enregistrer sous »)

Motion « Salut à toi » (75 ème congrès de la FA)

Vous trouverez ci dessous la motion « Salut à toi » adoptée au 75 ème congrés de la Fédération anarchiste des 3 au 5 juin 2017 Merlieux


« SALUT A TOI »

Réunie à son 75ème congrès, à Merlieux (Aisne), la Fédération anarchiste
salue toutes celles et tous ceux qui luttent, individuellement et
collectivement, ou qui construisent des alternatives, notamment :

– dans les ZAD,
– contre les projets inutiles imposés,
– contre le nucléaire et les énergies fossiles,
– pour les droits des travailleuses et travailleurs,
– pour les droits des chômeurs et chômeuses,
– pour une agriculture paysanne,
– contre le racisme,
– contre le sexisme, le patriarcat, la haine envers les LGBTI *,
– pour l’accueil des migrant-e-s,
– contre la répression…

Pour la justice sociale, la liberté, l’égalité économique et sociale, la
Fédération anarchiste, selon ses moyens, sera toujours à vos côtés.

Laon, le 5 juin 2017


Motion Salut à toi  

(Pour télécharger, faire « Clique droit » et « enregistrer sous »)

Motion Salut à toi

 

Libérons nos intimes !

La propriété c’est le vol ! L’abolir est une urgence ! Quand cela concerne le patron, l’État, les biens religieux, c’est une évidence. Et concernant celles et ceux qui partagent nos vies, dans nos relations appelées amoureuses ? Propriété ? « Mon » ou « ma » chéri.e … L’autre nous appartient ?

Ce qui va suivre doit se lire dans des relations égalitaires. C’est une divagation interrogative sur les relations amoureuses, sexuelles, parfois liées ou pas. Mais aussi sur la notion de cellule amoureuse, au sens « couple » comme il est entendu majoritairement dans le monde actuel.

Si quelques autrices et auteurs anarchistes se sont penché.e.s sur le couple, le mariage et ce qui peut en découler, force est de constater qu’aujourd’hui le sujet est rarement remis sur la table et que nous nous accommodons bien facilement d’une norme étriquée pour ce qui est de la vie sentimentale et sexuelle. Un peu comme si rien n’était politique dans l’intime. Oui, nous ne séparerons pas ici les deux comme si l’une n’avait pas d’incidence sur l’autre.

La norme, c’est le couple uni, fidèle et exclusif. Et nous pouvons déjà noter que ces notions peuvent s’interroger.

Uni, tout le monde pourra mettre derrière ce qu’il veut. Cela ira du fait de tout faire ensemble et de ne jamais laisser l’autre trop loin trop souvent, à la notion d’entraide quand quelque chose arrive au sein du couple ou à l’une des deux personnes. Vous l’aurez compris, nous penchons pour la notion d’entraide et de bienveillance plutôt que celle de proximité permanente.

Fidèle c’est là aussi très subjectif. Cela peut aller d’une fidélité d’esprit, s’interdisant donc de penser, aimer ou encore de désirer toute autre personne que celle aimée. Ou au contraire vers une notion plus libre où nous pouvons penser, aimer, désirer une autre personne en plus de l’être aimé, dans une fidélité aux règles fixée ensemble. Là aussi, c’est la dernière conception qui aura notre préférence.

Exclusif s’entend souvent par la notion de n’avoir de rapports sexuels qu’avec la personne aimée, censée être l’Alpha et l’Omega de tous nos désirs, envies et plaisirs. Cela peut aussi s’entendre comme étant une norme trop enfermente, étriquée et qui nous prive de plaisirs et d’expériences. C’est comme cela que nous l’entendons.

Alors, vous allez nous dire « Mais comment est-ce possible de construire quelque chose de solide dans ces conditions-là. En fait, c’est deux égoïstes qui se supportent au final ». Et vous auriez raison de vous poser la question, moins d’ériger cela en jugement. Nous vous proposons quelques pistes et réflexions dans ce qui suit.

D’abord, sur la notion de liberté. En tant qu’anarchistes, comment pouvons-nous mettre une barrière à la liberté de l’autre ? Surtout si notre liberté s’accroît lorsque celle de l’autre grandit !
Tout doit donc être discuté entre les protagonistes, posé calmement. Et ce sur la longueur, pas une fois comme ça et hop tout est dit pour la vie ! Genre un serment devant un autel…
Chaque personne peut évoluer et il est donc important de régulièrement poser les choses, savoir où nous en sommes, s’interroger sur ce qui nous unit. Prendre en effet le risque d’entendre quelque chose qui peut nous déplaire, comme l’idée que finalement, plus rien ne nous soude. Mais c’est surtout un moyen de corriger si besoin la relation, de la renforcer et de la rendre plus vivante. Car comment croire que nos envies, communes ou personnelles, seront les mêmes sur des dizaines d’années ? Qui n’a jamais découvert qu’il adorait finalement la musique classique après avoir écouté du punk exclusivement pendant des années ? Cet exemple est valable pour tout finalement ! Qui plus est pour des êtres sociaux dont est composée l’humanité !

Sur la sexualité, nous savons que le sujet est souvent le plus tendu. Pourtant, il devrait être simplifié. Il faut sortir des tabous habituels et oser tout poser sur la table. Ses envies, ses désirs, ses pratiques, ses fantasmes. Et savoir aussi entendre sans les juger ceux des partenaires. Ensuite, ne pas oublier que le corps de l’autre ne nous appartient pas, et qu’il ou elle en a la jouissance et la liberté totale. C’est à ce moment-là que se pose la question de l’exclusivité. Comment pouvons-nous, par exemple, demander à la personne que nous sommes censés respecter le plus de ne pas vivre pleinement ses envies sexuelles sous prétexte que nous serions ensemble ? De la même façon, nous n’avons pas à nous plier de pratiquer toutes les envies de l’autre. Pour nous, la seule réponse à cette équation, et la tentative d’une vie épanouie, passe par le fait de laisser à l’autre et à soi la latitude de vivre sereinement les choses.

C’est là que la notion de confiance se pose. Pour que tout cela fonctionne, il faut qu’elle existe réellement. Certaines personnes vont avoir besoin de tout savoir pour se sentir bien, d’autres n’aiment pas l’idée de tout dire, etc… C’est donc bien au cours de dialogues, parfois longs, que les choses vont s’affiner et se poser. Que des règles communes de vie se mettront en place et seront aussi parfois rediscutées, changées, améliorées.
Par exemple, dans un couple que l’on dit « libre » (notez donc que les autres sont des couples prisons selon le langage), si une des personnes décide de rester boire un verre avec une connaissance et qui sait un peu plus, des règles de vie simples peuvent éviter des drames auprès de l’autre. Car ce qui nous fait le plus stresser c’est l’imprévu. A l’heure des smartphones, un petit message pour signaler que l’on rentrera plus tard, avec la raison décrite selon les limites fixées, permet d’éviter tout stress. Et aussi de libérer le temps de l’autre, qui lui ne va pas passer sa soirée à attendre comme un chien attend son maître !
Mais cela peut être vu comme un délai un peu court pour prévenir l’autre et lui laisser le loisir d’organiser du temps à lui si le couple vit sous le même toit. C’est là qu’il faut savoir se fixer des règles communes pour éviter de débarquer au mauvais moment, d’empêcher quelque chose de se passer ou d’agir contrairement à l’idée de liberté recherchée. Certain.e.s par exemple refusent la mise devant le fait accompli, et préfère des choses plus planifiées. C’est en fait à chacune et chacun, et à chaque couple, de trouver son équilibre.

Et la jalousie vous allez nous dire ? La jalousie est d’abord une émotion liée au manque de confiance en soi. Oui vous lisez bien, pas en l’autre, en soi. Comme toutes les émotions, elle se contrôle. D’abord, nous le pensons sincèrement, par le dialogue. Le fait de poser les choses permet d’éviter les frustrations et les manques de respect qui pourraient venir amplifier le mal être. Ensuite, le fait d’oser se libérer renforce la confiance en soi, de façon assez étonnante. Oser aimer, désirer, séduire, flirter est extrêmement valorisant. Au final, d’ailleurs, tout le monde y gagne ! Bon, ne nous mentons pas, par moment, la jalousie est difficile à contrôler totalement. C’est là qu’il faut avoir des dérivatifs : prendre soin de soi, se faire plaisir, aller au cinéma, bouquiner, se plonger dans autre chose, etc… Assez vite, cela passe et ce n’est pas plus douloureux que cela. Après tout, si nous pouvons surmonter des deuils, ce n’est quand même pas la jalousie qui va nous terrasser.

L’égoïsme invoqué pour rejeter la liberté est par contre assez étonnant. Quand nous y réfléchissons, comment ne pas voir qu’il est bien plus égoïste de considérer l’autre comme « sa propriété » que de lui laisser toute liberté et de recevoir du coup un amour sincère et dénué de toute ambiguïté ? Si l’autre est « sa chose », « son du » ou que savons-nous encore, il ne semble plus réellement libre. La chosification de l’autre ne peut être viable. Sauf dans des pratiques consenties évidemment.

De même, comment penser que l’amour serait un truc qui n’est pas extensible et qu’il ne serait possible de n’aimer qu’une seule personne à la fois ? N’avons-nous pas plusieurs ami.e.s ? N’avons-nous pas plusieurs personnes que nous préférons à d’autres dans nos familles ? En quoi cela serait-il différent pour l’amour que nous ressentons pour d’autres et qui nous lie à eux ? Que ce soit sentimentalement ou sexuellement d’ailleurs.

Nous n’allons pas vous mentir : sortir des sentiers battus et des normes sociales n’est jamais aisé. Et cela ne se fait pas en un claquement de doigts. C’est, comme pour toute réflexion à contre-courant d’une société, elle demande du temps, de la conviction et de l’envie. Mais elle ne peut être mise de côté sous prétexte que ce serait trop difficile. Parce qu’après tout, cela est bien plus simple que d’abattre le capitalisme !

Nous pouvons vous conseiller la lecture de quelques livres qui aident à se forger une opinion.

D’abord « La Salope éthique » de Dossie Easton et Janet W. Hardy. Véritable guide du bien vivre libre, ce livre secoue et remet bien des choses en question. Il est, pour nous, un incontournable.

De la même façon, le livre « Refuser d’être un homme » de John Stoltenberg, pour ce qu’il apporte de dimension anti-autoritaire et contre le machisme ambiant est plus que nécessaire pour se défaire des constructions sociales et pour tuer le patriarcat.

Autre livre intéressant, « de l’amour » de Raoul Vaneigem, pour un traiter savant de l’amour vue par un anarchiste. Ou encore « D’espoir et de raison » qui regroupe les textes de Voltairine de Cleyre, dont certains sur le mariage, la liberté et l’amour sont d’une intense actualité.

Et aussi un article de la revue Réfraction, de la plume de Luce Turquier, intitulé « De la liberté en amour », facile à trouver sur le net. Il apporte des sources fiables autour des notions de liberté. Il replace aussi de façon historique les choses pour comprendre en quoi la liberté individuelle est révolutionnaire.

Vous l’aurez compris ce texte n’est qu’une ébauche autour de la notion de liberté dans l’intime. Il n’a pas vocation à être exhaustif et n’est là que pour soulever quelques pistes et en ouvrir d’autres. Reste que pour nous, difficile de viser un monde sans patries ni frontière si nos intimes ressemble à des prisons avec gardiens.
Une chose est claire : celles et ceux qui ont écrit ce que vous venez de lire sont des amoureuses et amoureux acharné.e.s de la liberté, et qui savent aussi que parfois, c’est compliqué.

Fab et Jean-Yves du groupe Graine d’Anar (Lyon) et des ami.e.s

Le nouveau Monde Libertaire 1789

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ML1789-COUV

EDITORIAL – ML n°1789

L’anarchie : l’ordre sans le pouvoir.

Nul doute que ce mode d’organisation horizontal toucherait à l’ensemble des aspects de la société : des loisirs au travail, de l’éducation à la place de l’art, des sexualités à la gestion de la violence et de la criminalité etc.

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