Motion « Salut à toi » (75 ème congrès de la FA)

Vous trouverez ci dessous la motion « Salut à toi » adoptée au 75 ème congrés de la Fédération anarchiste des 3 au 5 juin 2017 Merlieux


« SALUT A TOI »

Réunie à son 75ème congrès, à Merlieux (Aisne), la Fédération anarchiste
salue toutes celles et tous ceux qui luttent, individuellement et
collectivement, ou qui construisent des alternatives, notamment :

– dans les ZAD,
– contre les projets inutiles imposés,
– contre le nucléaire et les énergies fossiles,
– pour les droits des travailleuses et travailleurs,
– pour les droits des chômeurs et chômeuses,
– pour une agriculture paysanne,
– contre le racisme,
– contre le sexisme, le patriarcat, la haine envers les LGBTI *,
– pour l’accueil des migrant-e-s,
– contre la répression…

Pour la justice sociale, la liberté, l’égalité économique et sociale, la
Fédération anarchiste, selon ses moyens, sera toujours à vos côtés.

Laon, le 5 juin 2017


Motion Salut à toi  

(Pour télécharger, faire « Clique droit » et « enregistrer sous »)

Motion Salut à toi

 

Libérons nos intimes !

La propriété c’est le vol ! L’abolir est une urgence ! Quand cela concerne le patron, l’État, les biens religieux, c’est une évidence. Et concernant celles et ceux qui partagent nos vies, dans nos relations appelées amoureuses ? Propriété ? « Mon » ou « ma » chéri.e … L’autre nous appartient ?

Ce qui va suivre doit se lire dans des relations égalitaires. C’est une divagation interrogative sur les relations amoureuses, sexuelles, parfois liées ou pas. Mais aussi sur la notion de cellule amoureuse, au sens « couple » comme il est entendu majoritairement dans le monde actuel.

Si quelques autrices et auteurs anarchistes se sont penché.e.s sur le couple, le mariage et ce qui peut en découler, force est de constater qu’aujourd’hui le sujet est rarement remis sur la table et que nous nous accommodons bien facilement d’une norme étriquée pour ce qui est de la vie sentimentale et sexuelle. Un peu comme si rien n’était politique dans l’intime. Oui, nous ne séparerons pas ici les deux comme si l’une n’avait pas d’incidence sur l’autre.

La norme, c’est le couple uni, fidèle et exclusif. Et nous pouvons déjà noter que ces notions peuvent s’interroger.

Uni, tout le monde pourra mettre derrière ce qu’il veut. Cela ira du fait de tout faire ensemble et de ne jamais laisser l’autre trop loin trop souvent, à la notion d’entraide quand quelque chose arrive au sein du couple ou à l’une des deux personnes. Vous l’aurez compris, nous penchons pour la notion d’entraide et de bienveillance plutôt que celle de proximité permanente.

Fidèle c’est là aussi très subjectif. Cela peut aller d’une fidélité d’esprit, s’interdisant donc de penser, aimer ou encore de désirer toute autre personne que celle aimée. Ou au contraire vers une notion plus libre où nous pouvons penser, aimer, désirer une autre personne en plus de l’être aimé, dans une fidélité aux règles fixée ensemble. Là aussi, c’est la dernière conception qui aura notre préférence.

Exclusif s’entend souvent par la notion de n’avoir de rapports sexuels qu’avec la personne aimée, censée être l’Alpha et l’Omega de tous nos désirs, envies et plaisirs. Cela peut aussi s’entendre comme étant une norme trop enfermente, étriquée et qui nous prive de plaisirs et d’expériences. C’est comme cela que nous l’entendons.

Alors, vous allez nous dire « Mais comment est-ce possible de construire quelque chose de solide dans ces conditions-là. En fait, c’est deux égoïstes qui se supportent au final ». Et vous auriez raison de vous poser la question, moins d’ériger cela en jugement. Nous vous proposons quelques pistes et réflexions dans ce qui suit.

D’abord, sur la notion de liberté. En tant qu’anarchistes, comment pouvons-nous mettre une barrière à la liberté de l’autre ? Surtout si notre liberté s’accroît lorsque celle de l’autre grandit !
Tout doit donc être discuté entre les protagonistes, posé calmement. Et ce sur la longueur, pas une fois comme ça et hop tout est dit pour la vie ! Genre un serment devant un autel…
Chaque personne peut évoluer et il est donc important de régulièrement poser les choses, savoir où nous en sommes, s’interroger sur ce qui nous unit. Prendre en effet le risque d’entendre quelque chose qui peut nous déplaire, comme l’idée que finalement, plus rien ne nous soude. Mais c’est surtout un moyen de corriger si besoin la relation, de la renforcer et de la rendre plus vivante. Car comment croire que nos envies, communes ou personnelles, seront les mêmes sur des dizaines d’années ? Qui n’a jamais découvert qu’il adorait finalement la musique classique après avoir écouté du punk exclusivement pendant des années ? Cet exemple est valable pour tout finalement ! Qui plus est pour des êtres sociaux dont est composée l’humanité !

Sur la sexualité, nous savons que le sujet est souvent le plus tendu. Pourtant, il devrait être simplifié. Il faut sortir des tabous habituels et oser tout poser sur la table. Ses envies, ses désirs, ses pratiques, ses fantasmes. Et savoir aussi entendre sans les juger ceux des partenaires. Ensuite, ne pas oublier que le corps de l’autre ne nous appartient pas, et qu’il ou elle en a la jouissance et la liberté totale. C’est à ce moment-là que se pose la question de l’exclusivité. Comment pouvons-nous, par exemple, demander à la personne que nous sommes censés respecter le plus de ne pas vivre pleinement ses envies sexuelles sous prétexte que nous serions ensemble ? De la même façon, nous n’avons pas à nous plier de pratiquer toutes les envies de l’autre. Pour nous, la seule réponse à cette équation, et la tentative d’une vie épanouie, passe par le fait de laisser à l’autre et à soi la latitude de vivre sereinement les choses.

C’est là que la notion de confiance se pose. Pour que tout cela fonctionne, il faut qu’elle existe réellement. Certaines personnes vont avoir besoin de tout savoir pour se sentir bien, d’autres n’aiment pas l’idée de tout dire, etc… C’est donc bien au cours de dialogues, parfois longs, que les choses vont s’affiner et se poser. Que des règles communes de vie se mettront en place et seront aussi parfois rediscutées, changées, améliorées.
Par exemple, dans un couple que l’on dit « libre » (notez donc que les autres sont des couples prisons selon le langage), si une des personnes décide de rester boire un verre avec une connaissance et qui sait un peu plus, des règles de vie simples peuvent éviter des drames auprès de l’autre. Car ce qui nous fait le plus stresser c’est l’imprévu. A l’heure des smartphones, un petit message pour signaler que l’on rentrera plus tard, avec la raison décrite selon les limites fixées, permet d’éviter tout stress. Et aussi de libérer le temps de l’autre, qui lui ne va pas passer sa soirée à attendre comme un chien attend son maître !
Mais cela peut être vu comme un délai un peu court pour prévenir l’autre et lui laisser le loisir d’organiser du temps à lui si le couple vit sous le même toit. C’est là qu’il faut savoir se fixer des règles communes pour éviter de débarquer au mauvais moment, d’empêcher quelque chose de se passer ou d’agir contrairement à l’idée de liberté recherchée. Certain.e.s par exemple refusent la mise devant le fait accompli, et préfère des choses plus planifiées. C’est en fait à chacune et chacun, et à chaque couple, de trouver son équilibre.

Et la jalousie vous allez nous dire ? La jalousie est d’abord une émotion liée au manque de confiance en soi. Oui vous lisez bien, pas en l’autre, en soi. Comme toutes les émotions, elle se contrôle. D’abord, nous le pensons sincèrement, par le dialogue. Le fait de poser les choses permet d’éviter les frustrations et les manques de respect qui pourraient venir amplifier le mal être. Ensuite, le fait d’oser se libérer renforce la confiance en soi, de façon assez étonnante. Oser aimer, désirer, séduire, flirter est extrêmement valorisant. Au final, d’ailleurs, tout le monde y gagne ! Bon, ne nous mentons pas, par moment, la jalousie est difficile à contrôler totalement. C’est là qu’il faut avoir des dérivatifs : prendre soin de soi, se faire plaisir, aller au cinéma, bouquiner, se plonger dans autre chose, etc… Assez vite, cela passe et ce n’est pas plus douloureux que cela. Après tout, si nous pouvons surmonter des deuils, ce n’est quand même pas la jalousie qui va nous terrasser.

L’égoïsme invoqué pour rejeter la liberté est par contre assez étonnant. Quand nous y réfléchissons, comment ne pas voir qu’il est bien plus égoïste de considérer l’autre comme « sa propriété » que de lui laisser toute liberté et de recevoir du coup un amour sincère et dénué de toute ambiguïté ? Si l’autre est « sa chose », « son du » ou que savons-nous encore, il ne semble plus réellement libre. La chosification de l’autre ne peut être viable. Sauf dans des pratiques consenties évidemment.

De même, comment penser que l’amour serait un truc qui n’est pas extensible et qu’il ne serait possible de n’aimer qu’une seule personne à la fois ? N’avons-nous pas plusieurs ami.e.s ? N’avons-nous pas plusieurs personnes que nous préférons à d’autres dans nos familles ? En quoi cela serait-il différent pour l’amour que nous ressentons pour d’autres et qui nous lie à eux ? Que ce soit sentimentalement ou sexuellement d’ailleurs.

Nous n’allons pas vous mentir : sortir des sentiers battus et des normes sociales n’est jamais aisé. Et cela ne se fait pas en un claquement de doigts. C’est, comme pour toute réflexion à contre-courant d’une société, elle demande du temps, de la conviction et de l’envie. Mais elle ne peut être mise de côté sous prétexte que ce serait trop difficile. Parce qu’après tout, cela est bien plus simple que d’abattre le capitalisme !

Nous pouvons vous conseiller la lecture de quelques livres qui aident à se forger une opinion.

D’abord « La Salope éthique » de Dossie Easton et Janet W. Hardy. Véritable guide du bien vivre libre, ce livre secoue et remet bien des choses en question. Il est, pour nous, un incontournable.

De la même façon, le livre « Refuser d’être un homme » de John Stoltenberg, pour ce qu’il apporte de dimension anti-autoritaire et contre le machisme ambiant est plus que nécessaire pour se défaire des constructions sociales et pour tuer le patriarcat.

Autre livre intéressant, « de l’amour » de Raoul Vaneigem, pour un traiter savant de l’amour vue par un anarchiste. Ou encore « D’espoir et de raison » qui regroupe les textes de Voltairine de Cleyre, dont certains sur le mariage, la liberté et l’amour sont d’une intense actualité.

Et aussi un article de la revue Réfraction, de la plume de Luce Turquier, intitulé « De la liberté en amour », facile à trouver sur le net. Il apporte des sources fiables autour des notions de liberté. Il replace aussi de façon historique les choses pour comprendre en quoi la liberté individuelle est révolutionnaire.

Vous l’aurez compris ce texte n’est qu’une ébauche autour de la notion de liberté dans l’intime. Il n’a pas vocation à être exhaustif et n’est là que pour soulever quelques pistes et en ouvrir d’autres. Reste que pour nous, difficile de viser un monde sans patries ni frontière si nos intimes ressemble à des prisons avec gardiens.
Une chose est claire : celles et ceux qui ont écrit ce que vous venez de lire sont des amoureuses et amoureux acharné.e.s de la liberté, et qui savent aussi que parfois, c’est compliqué.

Fab et Jean-Yves du groupe Graine d’Anar (Lyon) et des ami.e.s

Le nouveau Monde Libertaire 1789

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ML1789-COUV

EDITORIAL – ML n°1789

L’anarchie : l’ordre sans le pouvoir.

Nul doute que ce mode d’organisation horizontal toucherait à l’ensemble des aspects de la société : des loisirs au travail, de l’éducation à la place de l’art, des sexualités à la gestion de la violence et de la criminalité etc.

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Solidarité avec les anarchistes du Venezuela

Appel du Venezuela et message du groupe Graine d’Anar

Message de soutien :

Nous, groupe Graine d’Anar de Lyon, membre de la Fédération anarchiste en France, relayons ici l’appel d’anarchistes vénézuéliennes et vénézuéliens.

Au delà de ce relai, nous apportons tout notre soutien aux camarades anarchistes du Venezuela. Nous mesurons depuis longtemps la difficulté de défendre notre idéal commun de liberté et d’émancipation pour vous, et nous serons à vos côtés tant que possible.

Graine d’anar – Lyon

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Appel depuis le Venezuela aux anarchistes d’Amérique latine et du monde :
La solidarité est beaucoup plus qu’une parole écrite

Nous nous adressons à tous les organes d’expression du mouvement libertaire, en particulier ceux de notre continent, non seulement pour attirer votre attention sur la situation que nous vivons au Venezuela depuis avril 2017, mais sur ce qui est pour nous une urgence, c’est-à-dire faire en sorte que l’anarchisme au niveau international s’exprime plus fortement en ces dramatiques circonstances, avec des attitudes et des actions cohérentes par rapport à ce qu’a été la prédication et la pratique de l’idéal anarchiste durant son parcours historique.

Il est déplorable de voir que pendant qu’une partie du gouvernement chaviste – dirigé aujourd’hui par Maduro – utilise ses relais médiatiques à l’extérieur du pays, les opposants de droite et de la social-démocratie mènent des campagnes tapageuses pour vendre à l’opinion mondiale leurs visions également biaisées et chargées. Ces campagnes n’ont pour but que de s’emparer du pouvoir. Pendant ce temps de nombreuses voix anarchistes, en dehors du Venezuela, ont maintenu un silence qui représente d’une certaine manière l’acceptation tacite de ce que les uns ou les autres des candidats avides de pouvoir de l’État veulent imposer comme « vérité ». Nous savons que les voix qui nous sont proches n’ont pas accès aux moyens d’information des étatistes de tout poil, et que les compagnons affrontent des réalités complexes où il y a des thèmes et des problèmes qui par leur urgence réclament leurs immédiates préoccupations, mais nous pensons que cela ne devrait pas être un obstacle afin que d’une certaine façon si modeste soit-elle, s’exprime l’attention, l’intérêt et la solidarité par rapport à ce qui se passe au Venezuela, de même que par rapport à tout ce que divulgue l’anarchisme dans cette région.

En bref, voici résumé de ce que l’anarchisme local dit aujourd’hui. L’actuelle conjoncture met en évidence la nature fasciste du régime de Chavez – et sa séquence avec Maduro -, les gouvernements militaristes réactionnaires que nous avons toujours dénoncés dans notre journal El Libertario. Ce système a toujours été lié au crime, au trafic de drogue, au pillage, à la corruption, à la prison pour les opposants, aux tortures, aux disparitions en dehors de la gestion désastreuse au niveau économique, social, culturel et éthique. Chavez a réussi à impacter avec son leadership messianique et charismatique financé par la hausse du prix du pétrole. Mais après sa mort et la fin de l’abondance, le soi-disant processus bolivarien s’est dégonflé car il était soutenu par des bases faibles. Cette « révolution » a suivi la tradition rentière historique initiée au début du XXe siècle avec le dictateur Juan Vicente Gómez, poursuivie par le militaire Marcos Perez Jimenez, et qui ne cessa pas dans l’ultérieur régime démocratique représentatif.

Certaines personnes au niveau international (Noam Chomsky en est le meilleur exemple) ont corrigé leur soutien initial à l’autoritarisme vénézuélien et aujourd’hui ils le dénoncent sans ménagement. Cependant, nous notons avec une grande préoccupation le silence des anarchistes de ce continent et d’autres sur les événements au Venezuela. Un adage dit :
« celui qui se tait consent », ce qui arrive à la perfection lorsqu’on affame et on réprime de manière criminelle un peuple, quand ceux qui devraient protester ne disent que peu ou rien. Nous appelons ceux qui portent les drapeaux libertaires à se prononcer s’ils ne l’ont pas fait au sujet de notre tragédie. L’indifférence n’a aucune justification si vous avez une vision du monde anarchiste. L’inverse est de couvrir la farce du gouvernement vénézuélien, en oubliant ce qui a été dit par les anarchistes de tous les temps sur la dégradation du socialisme autoritaire au pouvoir. Peut-être que dans le passé le mirage « progressiste » du chavisme a pu tromper certains libertaires, mais en étant conséquent avec notre idéal, il est impossible aujourd’hui de continuer à soutenir cette croyance.

Nous sommes en présence d’un gouvernement agonisant, délégitimé et répressif qui cherche à se perpétuer au pouvoir, désavoué par l’immense majorité de la population, qui assassine à travers ses forces répressives et les collectifs paramilitaires, qui favorisent aussi les pillages. Un gouvernement corrompu qui exerce un chantage avec les caisses d’aliments vendus au prix du dollar noir, qui est impliqué dans toutes sortes de négociations, un gouvernement de bourgeois bolivariens et de militaires enrichis avec les revenus du pétrole et les mines écocides. Un gouvernement qui affame et assassine, tout en appliquant un ajustement économique brutal en accord avec le capitalisme transnational qui paie régulièrement une dette externe criminelle.

Il est temps de démanteler les manœuvres pseudo-informatives de ceux qui prétendent à l’extérieur du pays contrôler le pays, comme celles de ceux qui aspirent à contrôler l’État vénézuélien, et pour cela nous espérons pouvoir compter sur le soutien actif des individus et des groupes libertaires aussi bien en Amérique latine que dans le reste de la planète.

Toute manifestation de solidarité anarchiste sera bienvenue pour le mouvement libertaire vénézuélien. Un mouvement petit et qui agit malgré de nombreuses difficultés, mais qui dans l’actuelle conjoncture appréciera énormément de savoir que nous pouvons compter sur les compagnons du reste du globe, soit par la reproduction et la diffusion des informations que publient les anarchistes du Venezuela, soit en générant des opinions et des réflexions qui démontent les visions qu’essayent d’imposer les autoritaires de droite et de gauche, et – ce qui serait beaucoup mieux – en faisant la promotion ou en soutenant les initiatives d’action dans leurs pays respectifs où se dénoncent les circonstances, la faim et la répression qui se vivent aujourd’hui au Venezuela. Maintenant, plus que jamais, votre présence et votre voix est nécessaire dans tous les scénarios possibles où sera dénoncé la tragédie dans laquelle est plongé le peuple vénézuélien.

La rédaction de El Libertario
Traduction : Daniel Pinós

Note finale de El Libertario : Une analyse plus approfondie et détaillée et des informations sur ce qui se passe au Venezuela, chaque jour sur le blog de El Libertario

L’appel en français sur El Libertario

L’appel en espagnol

Le nouveau Monde Libertaire 1788

En cette période d’élections (la présidentielle est passée mais déjà se profile les législatives), il semblait pertinent à l’équipe du Monde Libertaire d’ouvrir un dossier sur les alternatives à tout cela. Et en fait, sur l’anarchie !

Mais aussi de l’internationalisme avec une interview de la FALV au Chili, de l’anticléricalime, de l’ouverture aux autres …

Retrouvez tout cela dans le nouveau Monde Libertaire en kiosque ! Et n’oubliez pas de vous abonnez !

Nous sommes des graines, prêtes à germer

À Lyon, la situation politique est compliquée. Ville bourgeoise, où la militance est plutôt réactionnaire, elle n’offre pas, de prime abord, une place de choix aux idées anarchistes. De plus, nous assistons à une gentrification de ce qui était autrefois des quartiers populaires, où nombre de squats existaient, comme à la Croix rousse ou la Guillotière. Il y a également un grand nombre de groupes ouvertement fascistes, qui sont de plus en plus prêts à en découdre (plusieurs attaques ont eu lieux lors des dernières semaines).

Le premier objectif quant à une lutte anarchiste, pour les membres du groupe Graine d’Anar de Lyon, est de ramener la politique dans la vie d’un maximum de gens. De leur faire découvrir cette idée (ou plutôt philosophie) sans dieu ni maître. Contre le vote, nous proposons des espaces de discussion, car si les mots sont les premiers outils de la compréhension de notre monde, leur échange est primordial pour en explorer d’autres, sortir de ses ornières, voir qu’il peut exister un autre moyen de s’organiser, de lutter et de vivre. D’ailleurs, nous fonctionnons au consensus, ce qui est déjà une drôle d’exception dans nos milieux. Et surprend souvent.

Nous sommes (malheureusement) très loin d’une révolution anarchiste, l’heure est plutôt à la réaction, mais ce travail de propagande nous permet de « semer des graines » comme on dit, qui un jour peut être germeront. Cela prendra des années sans doute, ou peut être moins suivant les personnes que nous arrivons à toucher. Ce travail d’éducation populaire que nous partageons tous, n’est pas le seul, mais il est au cœur de notre vision de l’anarchie.

Certains membres du groupe luttent aussi dans les entreprises, où l’exploitation siège en reine, en rejoignant des syndicats. Là aussi diffuser les idées anarchistes pour retrouver un syndicalisme révolutionnaire puissant pouvant entraîner une grève générale nous semble un des enjeux d’une éventuelle révolution anarchiste.

D’autres participent aussi à la défense des ZAD, terrains d’expérimentations anti-autoritaires (pour la plupart), montrant qu’il est possible de vivre autrement, en prenant en compte les positions de chacun, de parler afin de trouver un consensus, et cela même au sein d’une assemblée avec des sensibilités politiques très différentes. De l’anarchisme organisationnel en acte.

Notre anarchisme ne s’arrête d’ailleurs pas à l’organisationnel. Nous savons toutes et tous que ne peut se rapprocher de l’anarchie que l’individu.e capable de dépasser les oppressions. De les combattre dans sa vie et dans ses rapports aux autres.

L’individu.e avec les autres, contre la société de l’individualisme triomphant. Ainsi, les luttes contre les oppressions sont constantes pour nous, dans la vie de chacune et chacun. Nous savons par exemple qu’il ne peut y avoir de société autogérées si l’une ou l’un de ses membres ne jouit pas des même libertés que les autres. Nous savons que tout s’interroge, de l’intime (couple, mariage, sexualités, croyances) aux modes de décisions collectives. Que tout est lié et que contrairement à la vision capitaliste (étatique ou mondialisée) de la vie, tout ne passe pas que par l’organisationnel. Mais aussi qu’il ne faut pas attendre la révolution pour changer ce qui peut l’être aujourd’hui !

Pour nous, l’anarchie est un horizon à atteindre, mais qui s’éloigne à chaque fois qu’on s’en rapproche (comme le disait Malatesta). La société idéale n’existe probablement pas, mais on peut essayer de se donner comme objectif d’atteindre cet idéal, afin de contrer ce vote du « moins pire » qu’on nous impose, cette vie du moins disant permanent. La prise de conscience que le pouvoir, quel qu’il soit, est maudit est un premier pas vers l’anarchie. La prochaine étape est de s’organiser, afin de faire exister une réalité anarchiste, même à petite échelle, par la création d’AMAP autogérées, de liens avec la paysannerie, de lieux autogérés, de vie militante où l’horizontalité est centrale par exemple, et de recréer des moments communs, des outils communs lors de la lutte, mais aussi de la vie de tous les jours. Surtout, toujours rechercher la convivialité comme outil pour vivre ensemble.

Oui nous avons eu de beaux moments dans l’histoire, comme au Mexique, en Espagne ou en Ukraine, tous écrasés par les autoritaires de tout poil. Ils doivent nous inspirer mais pas nous figer. Nous pouvons apprendre des bienfaits, et des erreurs, mais certainement pas sombrer dans une nostalgie malsaine, qui nous éloignerait du fait que l’anarchie, c’est la vie, partout, tout le temps.

Tout cela se fait évidement avec les envies des personnes qui participent, et ne peut donc pas être prévisible. Mais une fois les graines germées, il ne faut pas oublier des les arroser pour qu’elles grandissent, et deviennent anarchie !

Par le groupe graine d’anar de la Fédération anarchiste, Lyon

Mail : grainedanar@federation-anarchiste.org

Site : www.grainedanar.org

Le 1er mai, toutes et tous dans la rue !

Le groupe Graine d’Anar vous invite à faire comme nous, c’est à dire à prendre la rue le 1er mai !

Si cela vous dit, rejoignez le cortège libertaire initié par la CGA, AL et la CNT.

Dans tous les cas, ce n’est qu’un premier pas, et certainement pas suffisant pour faire barrage au fascisme et au libéralisme.

Reprenons nos vies en main pour que jamais plus nous ne les perdions à la gagner.

Le groupe Graine d’Anar

Ci dessous un 4 pages sur dis, c’est quoi le premier mai ?