[Communiqué Relations Internationales] COMMUNIQUÉ DE LA FÉDÉRATION ANARCHISTE FRANCOPHONE SUR LA RÉVOLTE AU KAZAKHSTAN

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Le 2 janvier dernier, un mouvement populaire sans leader identifié a éclaté au Kazakhstan ; il s’est traduit par des manifestations qui se sont très vite répandues dans tout le pays.


La hausse brutale du prix du gaz de pétrole liquéfié a été l’élément déclencheur : il sert de carburant et de chauffage dans un pays où cette ressource ne manque pas mais dont l’exportation est privilégiée, bien évidemment pas pour le bénéfice de la population. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase car la misère et la colère contre le régime autoritaire et corrompu de cette ex- République soviétique sont une réalité depuis des années, et c’est cette colère parfaitement légitime qui s’est exprimée dans la violence des confrontations avec la police.

A la demande du président Tokaïev, Moscou assisté d’autres pays alliés a envoyé des troupes au Kazakhstan pour mater la révolte populaire, et le président kazakh s’est flatté d’avoir « donné l’ordre aux forces de l’ordre et à l’armée de tirer pour tuer sans sommation ».

Comme si la chute de l’Union soviétique n’avait pas eu lieu, Poutine nous offre le même spectacle écœurant que ses prédécesseurs lors de la répression des soulèvements populaires de Budapest (1956) et de Prague (1968) ; les manifestants kazakhstanais sont traités de terroristes, et sont rapportés à ce jour plusieurs dizaines de morts, des centaines de blessés et plus de 10 000 arrestations. La légitimité de leur soulèvement est bien évidemment niée par le régime et il est accusé d’être un coup d’état fomenté depuis l’étranger, selon la rhétorique inchangée depuis l’ère soviétique.

La Fédération Anarchiste apporte son soutien total au peuple kazakhstanais dans sa lutte contre la pauvreté organisée, la corruption et l’autoritarisme du régime qui tente de l’écraser; il montre que la révolte n’a pas besoin de leader désigné ou auto proclamé pour s’exprimer, et que « qui sème la misère récolte la colère ».

Fédération anarchiste
Le 10 janvier 2022

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[Rassemblement] Campagne antiracisme et solidarité

Le groupe Graine d’anar vous invite à rejoindre le rassemblement de ce samedi 18 décembre 2021, 14H30 , Place de la Comédie / Louis Pradel

« Nous n’allons pas combattre le racisme par le racisme, mais grâce à la solidarité. »
(Fred Hampton, Black Panthers Party – mai 1969)

Notre pays n’a ni carte, ni limites. Il ne fait pas la guerre si ce n’est au fascisme, au colonialisme, au racisme, à l’injustice et aux inégalités.

Notre pays n’existe pas isolé, atomisé, soumis. Il existe dans tout ce qui relie, regroupe, donne confiance et lutte.

Notre pays est en grand danger. Il doit sortir, se montrer, se lever. Vivre.

Car notre pays brûle. Il s’appelle Avenir.
Car notre pays est étouffé. Il s’appelle Liberté.
Car notre pays se meurt. Il s’appelle Égalité.
Car notre pays est opprimé. Il s’appelle Dignité.

Notre pays est en danger. Nous appelons à la mobilisation générale.

Pour l’avenir. Si la planète brûle, cela n’a rien à voir avec les migrations, nos couleurs de peau, nos origines, nos religions. Le monde n’attend qu’une étincelle pour exploser et certain.e.s nourrissent l’incendie qui nous menace.


Nous dénonçons toutes les formes de racisme dont l’islamophobie, l’antisémitisme, l’anti-tziganisme, la négrophobie et le racisme anti-asiatique. Nous exigeons notamment la fin des contrôles au faciès, l’abrogation de la loi dite « séparatisme », le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la fin des dominations économiques, militaires et politiques, en particulier la Françafrique.

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[Dans le ML] Informatique et liberté(s)

Vous connaissez les laisses à enrouleur : elles donnent l’impression au chien qu’il est libre… jusqu’à un certain point. Ici il est question de logiciels. À enrouleur ?

Beaucoup de personnes l’ignorent ou ne souhaitent pas se confronter à cet aspect, un logiciel informatique n’est pas un produit commun et ne s’acquiert pas comme un livre ou une baguette. Lorsque l’on achète un ouvrage auprès de sa libraire ou du pain auprès de son boulanger, on en fait bien ce que bon nous semble. Il n’en est rien auprès de son éditeur de logiciels : celui-ci ne nous accordera qu’un droit d’utilisation. Ce droit, cette licence, n’est cédée que sous certaines conditions, énumérées dans le « contrat de licence utilisateur final » (le fameux CLUF de Microsoft) et rédigées dans un abscons verbiage juridique. La plupart du temps, elle n’est accessible que contre une somme d’argent, bien qu’il existe certains logiciels « gratuits ».

Pour les vendeurs, la chose est également différente. Si la libraire doit acheter une réserve de livres bien réels auprès d’un éditeur qui les aura lui-même obtenus auprès d’un imprimeur ; si le boulanger doit commander de la farine et entretenir ses outils de travail ; l’éditeur de logiciels, lui, peut littéralement « multiplier les pains » sans grand effort puisque son produit, immatériel, peut être reproduit sans réelle limite.

Times Square in New York on a rainy night.

Achats sous conditions

Les conditions d’utilisation ou licences imposées aux utilisateurs, malgré le fait qu’elles soient généralement payantes, sont très restrictives. Il est interdit de copier le logiciel, droit réservé à l’éditeur puisqu’il est son seul moyen de profit, il est interdit de « démonter » le logiciel pour examiner son fonctionnement, par exemple, par décompilation… et nombre d’autres restrictions décrites dans chaque licence. Cependant, en matière de technologie, interdit n’est pas impossible. La loi permet alors de classer ces actions dans le registre de la contrefaçon et sont sévèrement punies.

Conséquence de ces barrières juridiques et commerciales imposées à ces logiciels dits « privatifs1 », il est impossible de participer à leur critique ou à leur amélioration sans être membre de l’industrie qui le produit et doté de suffisamment de pouvoir pour que sa voix ait un quelconque effet.

Dans les années 1970, l’informatique connaît un essor particulier au sein des laboratoires Bell de la société AT&T ainsi qu’au MIT, institut de technologie. C’est dans ces structures que sont passés des personnages importants pour la discipline, certains marqués semble-t-il par un état d’esprit détonant avec leurs institutions d’alors. On y verra apparaître le langage C2, fondamental pour l’informatique moderne, le système d’exploitation Unix3 et les fondements des logiciels à licence dite « libre ».

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APPEL À UN RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN LE 4 NOVEMBRE AU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LYON, À PARTIR DE 14H

Depuis le 23/09, sept militants antifascistes lyonnais sont poursuivis par le parquet de Lyon pour une altercation avec les intégristes catholiques du groupe Civitas, un groupe qui prône l’instauration d’un régime théocratique en France avec la reconnaissance du catholicisme comme seule « véritable religion ». Cette altercation a eu lieu lors d’une marche contre le pass sanitaire, manifestation que ces groupes d’extrême-droite tentent de récupérer afin de diffuser leur idées nauséabondes (racisme, antisémitisme, islamophobie, homophobie, transphobie)

Sur les sept inculpés, quatre ont été immédiatement incarcérés après leur garde-à-vue suite à leur passage devant le JLD et trois sont soumis à un strict contrôle judiciaire.

Plusieurs éléments dans l’attitude de la Justice et du Parquet nous interpellent :

Malgré l’absence de plainte et d’ITT de la part des militants de Civitas, et alors que ces derniers se situent plutôt du côté des habitués du coup de poing et des agressions que de celui des victimes (comme l’illustre le cas d’ Alexandre Gabriac, ancien fondateur des Jeunesses Nationalistes, dissoutes par le gouvernement, condamné par la justice à plusieurs reprises, et actuellement cadre important de Civitas), le Parquet s’autosaisit et mène une enquête entièrement à charge contre les militants antifascistes : aucun des militants de Civitas n’a été officiellement convoqué ni auditionné pour s’expliquer sur l’altercation. Par contre, la Police les a bien contactés, sans que l’on puisse comprendre les liens entre les enquêteurs et Civitas, ni même qui a été contacté.
Le caractère exceptionnel de la procédure : une comparution à délai différé. Créée en 2019, cette procédure rarement utilisée garantit une justice expéditive et un passage obligatoire devant le JLD à l’issue de la garde-à-vue, qui peut alors incarcérer ou placer sous contrôle judiciaire, sans preuve ni jugement.
Lors de son troisième passage devant une JLD le mardi 26 octobre pour demander une mise en liberté (refusée), l’un des camarades incarcéré a eu droit à des interventions étonnantes de la part du Procureur et de la Juge. Le Procureur a en effet apparenté un militant de Civitas à un représentant de l’autorité publique. Quant à la juge, pour justifier – entre autres choses – le maintien en détention, elle a considéré que notre camarade était l’auteur de violences discriminatoires liée à l’appartenance supposée du ou des militants de Civitas à la mouvance d’extrême-droite. Pour finir, ce même camarade s’est vu proposer en prison un stage de déradicalisation ! Le Parquet, les juges et l’administration pénitentiaire n’ont visiblement plus peur de rien.

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[Communiqué FA] Avorter, un droit universel !

19 septembre 2021

Chaque année dans le monde, plusieurs dizaines de milliers de femmes meurent de ne pas pouvoir avorter dans des conditions sécurisées, soit du fait de l’interdiction de l’IVG sur leurs lieux de vie, soit des freins mis dans des pays où l’IVG est légal, mais entravé par des décisions de justice ou un manque de financement.

Dans ce cadre, la Fédération Anarchiste défend que l’IVG est un droit universel, fondamental et personnel qui doit être accessible à toutes les personnes concernées dans le monde !

Face à notre monde capitaliste, patriarcal et aux frontières qui enserrent les populations, nous exigeons des mesures d’urgence.

D’abord que le droit à l’IVG soit garanti par des moyens humains et financiers partout.

Pour celles qui n’y auraient pas accès pour des raisons religieuses, juridiques ou autres, nous demandons la création en urgence d’un visa automatique pour soins médicaux, couplé à des aides matérielles, pour permettre que celles qui le souhaitent puissent avorter dans les pays où cela est autorisé.

La Fédération Anarchiste est aux côtés de celles et ceux qui luttent pour que ce droit soit accessible partout, pour que l’éducation aux sexualités soit dispensée à toutes et tous. Les avancées récentes dans plusieurs pays sont le fruit de ces luttes, menées sans relâche et avec force.

Nous luttons pied à pied contre les religions, les États et tout ceux qui souhaitent dicter aux femmes ce qu’elles doivent faire de leur corps.

Nous appelons à participer à toutes les initiatives autour de la date du 28 septembre 2021, journée mondiale du Droit à l’Avortement.

Les Relations Extérieures de la Fédération Anarchiste

LE MONDE LIBERTAIRE N°1831

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Edito :

BAC, TON PASS D’ABORD…

Rentrée, mot magique, maudit. Synonyme de retour àla vie sérieuse, travailleuse, « obéisseuse ». Ton petit chef t’attend prêt à te faire payer la fin de ses propres vacances. Ton chef, tu le retrouves au bureau, à l’usine, au bahut. Tu es soignant.e, tu es pompier, tu bosses en contact avec le public… t’es vacciné.e ? T’as ton pass ?

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Rassemblement : solidarité et soutien aux Afghan-es et aux réfugié-es ! Lyon 11 septembre 2021 – 15h00

Le groupe Graine d’anar est signataire de cet appel et vous invite à vous joindre au rassemblement.

Vendredi 27 août, nous étions environ 120 à Lyon pour apporter un premier soutien et demander l’évacuation des personnes souhaitant quitter l’Afghanistan, qui chaque jour, sont de plus en plus nombreuses à se regrouper à l’aéroport de Kaboul.

Malgré la violence extrême du régime Taliban et l’idéologie réactionnaire qu’il met en place, malgré l’attaque terroriste de l’aéroport de Kaboul qui tua plus d’une centaine de personnes le 26 août ; l’état français, considérant que l’évacuation de 2800 personnes est suffisante, a arrêté les rapatriements le 27 août.

C’est une ultime manifestation d’irrespect et de négation des droits de tout être humain, pour les personnes qui ont servi la France et l’UE, pour les personnes risquant leur vie du fait de leur métier, de leur sexe ou de leur orientation sexuelle. Aussi les témoignages, les appels à l’aide, affluent, nous laissant démuni-e-s et apeuré-e-s pour les Afghan-e-s et n’entraînent aucune réaction de la part du gouvernement français.

Dans le même temps, le nouveau régime en place à Kaboul multiplient les exécutions, les enlèvements, et déclarations violentes, menaçant les femmes, les minorités sexuelles et de genre, les artistes, les militant-e-s, les journalistes. Faisant preuve d’un immense courage et d’une détermination impressionnante, les femmes ont osé manifester à Kaboul et ont été violemment réprimés la semaine dernière.

Non, la France n’a pas pris « sa » part, ni elle, ni l’Union européenne.

Alors comme le 27 août, comme ailleurs en Europe, nous réclamons aujourd’hui :

  • un accueil inconditionnel des personnes demandant l’asile en France et en Europe.
  • que les personnes qui souhaitent fuir l’Afghanistan puissent le faire dans le pays de leur choix, dans des conditions d’accueil dignes et humaines : un accès au logement, à la santé, à la formation.
  • que toutes les personnes afghanes sur le territoire français et européen soient immédiatement régularisées, quelles que soient leurs situations administratives.
  • que cessent immédiatement les reconduites à la frontière.
  • que les ONG et les militant-e-s en Afghanistan soient soutenues, pas par des beaux discours mais par les moyens concrets d’une diplomatie au service des droits humains et non des intérêts économiques.
  • une réforme radicale des conditions d’accueil et d’asile en France, car les frontières tuent chaque jour.

Droit d’asile pour les afghan.es, droit d’asile pour toutes et tous !

Contre la haine, pour l’Anarchie !

Le 15 août 2021

Profitant des récentes mesures gouvernementales indigentes de contrôle social par QR Code et puisant dans une pensée obscurantiste, réactionnaire et négationniste, l’extrême-droite redéploie en toute impunité son discours nauséabond et raciste dans l’espace public, discours bien trop largement relayés.

Les effets sont immédiats : agressions de militants syndicalistes et politiques se revendiquant des traditions de lutte de classe lors de manifestations contre le « pass sanitaire », détérioration par des tags antisémitismes d’une stèle en l’honneur de Simone Veil, femme politique déportée car juive et dégradation de locaux syndicaux et militants.

Contre l’État, gestionnaire calamiteux et discriminant de l’épidémie de Covid-19 et contre l’extrême droite rétrograde et antisémite, la Fédération anarchiste poursuit la lutte.

Elle exprime aussi sa solidarité avec les victimes des exactions perpétrées par les nervis de l’extrême droite.

Nous ne reconnaissons aucune frontière entre les humains, aucun État, aucune « race », l’Humanité n’étant qu’une. Nous luttons contre tous les obscurantismes, contre les superstitions, contre les religions. Nous abattrons ce qui nous divise pour renforcer ce qui nous rassemble.

Vers l’anarchie, toujours.

Les Relations Extérieures de la Fédération Anarchiste