[Relations internationales] Contre les annexions et l’agression impérialiste (action autonome / Russie)

Les relations internationales de la Fédération Anarchiste vous propose cette traduction d’un communiqué de Action Autonome Russie.

Contre les annexions et l’agression impérialiste 

22 février 

Hier, le 21 février, une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité de Russie a eu lieu. Dans le cadre de cet acte théâtral, Poutine a forcé ses plus proches serviteurs à lui « demander » publiquement de reconnaître l’indépendance des prétendues « Républiques populaires » à l’est de l’Ukraine : la République populaire de Louhansk [RPL] et la République populaire de Donetsk [RPD]. 

Il est parfaitement évident qu’il s’agit d’une étape vers la poursuite de l’annexion de ces territoires par la Russie – quelle que soit la manière dont elle est formalisée (ou non) sur le plan juridique. En fait, le Kremlin cesse de considérer la LPR et la DPR comme faisant partie de l’Ukraine et en fait finalement son protectorat. « D’abord la reconnaissance de l’indépendance, puis l’annexion » : cette séquence a déjà été utilisée en 2014 en Crimée. C’est également clair de la part des stupides « réserves » de Naryshkin lors de la réunion du Conseil de sécurité : « Oui, je soutiens l’entrée de ces territoires dans la Fédération de Russie » (1). Étant donné que la réunion a été diffusée sur bande [plutôt qu’en direct] et que ces « réserves » n’ont pas été coupées, mais laissées en place, l’allusion est claire. 

Dans un « Appel au peuple » le même soir, Poutine a semblé « accepter » ces demandes et a annoncé la reconnaissance de la LPR et de la DPR en tant qu’États indépendants. En fait, il a déclaré ce qui suit : « Nous prenons un morceau du Donbass, et si l’Ukraine fait des vagues, qu’elle s’en prenne à elle-même, nous ne la considérons pas du tout comme un État, alors nous en prendrons encore plus. » Selon le décret de Poutine, les troupes russes entrent déjà sur le territoire de la LPR et de la DPR. C’est un geste clair de menace envers le reste de l’Ukraine et surtout envers les parties des régions de Lougansk et de Donetsk encore contrôlées par l’Ukraine. Il s’agit d’une occupation réelle [dans le sens où, jusqu’à présent, Louhansk et Donetsk n’étaient occupés que par procuration]. 

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[Relations Internationales] Traduction : La guerre et les anarchistes : Perspectives anti-autoritaires en Ukraine

Les Relations Internationales de la Fédération Anarchiste vous proposent la traduction de ce texte écrit par des anarchistes d’Ukraine et pas que. Nous vous proposons de télécharger le document PDF pour le lire totalement et voir les images qui sont associées.

Introduction :

Ce texte a été co-écrit par plusieurs activistes anti-autoritaires actifs d’Ukraine. Nous ne représentons pas une organisation, mais nous nous sommes réunis pour écrire ce texte et nous préparer à une éventuelle guerre.

Outre nous, le texte a été rédigé par plus de dix personnes, dont des participants aux événements décrits, des journalistes qui ont vérifié l’exactitude de nos affirmations, et des anarchistes de Russie, de Biélorussie et d’Europe. Nous avons reçu de nombreuses corrections et clarifications afin d’écrire le texte le plus objectif possible.

Si la guerre éclate, nous ne savons pas si le mouvement anti-autoritaire survivra, mais nous essaierons de le faire. En attendant, ce texte est une tentative pour laisser en ligne l’expérience que nous avons accumulée.

En ce moment, le monde discute activement d’une possible guerre entre la Russie et l’Ukraine. Nous devons préciser que la guerre entre la Russie et l’Ukraine dure depuis 2014.

Mais chaque chose en son temps.

Pour en savoir plus télécharger ce document :

Ou sur le site du Monde Libertaire : https://www.monde-libertaire.fr/?article=La_guerre_et_les_anarchistes_:_Perspectives_anti-autoritaires_en_Ukraine

[Communiqué FA] Blindés, cassez vous !

Le 14 février 2022

Le week-end du 12 et 13 février 2022 a été marqué par la mobilisation du « convoi de la liberté », comme nommé par les participantes et participants eux-mêmes. 

Quoique nous pensions des tenants et aboutissants portés par ce mouvement, c’est sur la réaction de l’État que nous allons nous arrêter aujourd’hui. 

La répression violente des mouvements sociaux s’est accentuée ces dernières années. Nous n’avons pas oublié les victimes des exactions policières lors des mouvements des Gilets Jaunes, des Free Party et autres. Décès, mutilations, violences gratuites de la part des forces du désordres, la liste est longue. 

La police se sent pousser des ailes ces derniers temps, en particulier parce qu’elle est soutenue par l’Exécutif, que ce soit la présidence de la République ou le ministre de l’Intérieur. 

Ce week-end a été l’occasion de monter encore d’un cran avec un défilé de moyens militarisés avant l’arrivée des manifestants. Nous avons pu voir des véhicules blindés et des hommes surarmés être exposés par la préfecture de Paris, sous ordre nous n’en doutons pas, comme dans n’importe quelle dictature autoritaire ou militaire.

Comment ne pas être saisi par les images des ces colonnes d’engins qui défilent dans les rues de la capitale ? Comment ne pas y voir une volonté de tenir les gens tranquilles par la peur de la matraque et de la répression avec des moyens largement disproportionnés ? Et qui fait cela dans le monde si ce ne sont les dirigeants de pays reconnus comme n’étant pas des démocraties libérales ? 

Face à ce basculement, la Fédération Anarchiste ne peut rester sans rien dire. Nous dénonçons cette militarisation de nos vies et nous le disons haut et fort : « Blindés, cassez-vous ! ». Nous ne pourrons jamais nous résigner à vivre sous le diktat d’une force de police surarmée. Nous appelons à la plus vive résistance et à la plus grande des vigilances face à la monté de cet autoritarisme matraqueur. 

Les relations extérieures de la Fédération Anarchiste

[Communiqué FA] Pour le rejet du Pass vaccinal

Bientôt deux ans maintenant que nos vies sont affectées par la pandémie du Covid-19. En France, le gouvernement a décrété que nous étions « en guerre » et a confié la gestion de cette épidémie à un « Conseil de Défense ».
Une gestion n’ayant qu’un but : garantir la stabilité économique du pays, quoiqu’il en coûte. Le maintien des écoles ouvertes à tout prix, considérées comme les garderies des enfants de travailleuses et travailleurs, est un bon exemple : il est démontré aujourd’hui par la vague du variant omicron, et avant lui delta, que l’école est un vecteur énorme de dissémination du virus.

A la place de la sauvegarde de vies humaines, c’est un compromis mortifère qui a été préféré pour ne pas entraver les profits du capitalisme mondial. L’activité économique a été consolidée par l’instauration d’un pass sanitaire, devenu aujourd’hui vaccinal. Garant d’une marche forcée vers le travail, manœuvre détournée pour une obligation à la vaccination, le pass exempte le gouvernement d’une quelconque pédagogie envers ceux qu’il devrait protéger.
Ces pass successifs cachent la destruction pernicieuse des services hospitaliers, amorcée depuis des années. Ils cachent le coût des masques, toujours payants, alors qu’ils sont un bien de première nécessité durant cette pandémie. Ils cachent la complaisance envers les Big Pharma qui détiennent les brevets des vaccins et s’enrichissent sur la fatalité d’une maladie.

Ces pass occultent l’incapacité d’une gestion réellement efficace et claire d’une crise sanitaire et imposent dans notre quotidien les outils d’une gestion technologique massive des populations.
Nous ne nous laisserons pas enfermer dans une société du contrôle permanent.

Nous appelons à la levée des brevets et la distribution généralisée de vaccins afin de permettre à toutes et tous de se protéger . Nous appelons à la gratuité des masques pour toutes et tous. Nous appelons à un droit absolu à l’isolement pour celles et ceux qui le désirent, sans perte de revenu.
Nous choisirons toujours les vies sauvées à l’économie florissante.

La Fédération Anarchiste rejette le pass vaccinal comme elle avait rejeté le pass sanitaire. Nous appelons à une gestion responsable et collective de la pandémie. Nous rejetons la technocratisation et l’autoritarisme de cette société et appelons à une réinvention de nos modes de vie.

Les Relations Extérieures de la Fédération Anarchiste

Manifestation 27 janvier 2022

Le groupe Graine d’Anar vous invite à se joindre à la manifestation du 27 janvier 2022, initiée par des syndicats de salarié.E.s, pour les emplois, les salaires et la diminution du temps de travail.

Rendez-vous à 11H30, gare des Brotteaux (métro du même nom) le 27 janvier 2022.

[Communiqué Relations Internationales] COMMUNIQUÉ DE LA FÉDÉRATION ANARCHISTE FRANCOPHONE SUR LA RÉVOLTE AU KAZAKHSTAN

Télécharger :

Le 2 janvier dernier, un mouvement populaire sans leader identifié a éclaté au Kazakhstan ; il s’est traduit par des manifestations qui se sont très vite répandues dans tout le pays.


La hausse brutale du prix du gaz de pétrole liquéfié a été l’élément déclencheur : il sert de carburant et de chauffage dans un pays où cette ressource ne manque pas mais dont l’exportation est privilégiée, bien évidemment pas pour le bénéfice de la population. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase car la misère et la colère contre le régime autoritaire et corrompu de cette ex- République soviétique sont une réalité depuis des années, et c’est cette colère parfaitement légitime qui s’est exprimée dans la violence des confrontations avec la police.

A la demande du président Tokaïev, Moscou assisté d’autres pays alliés a envoyé des troupes au Kazakhstan pour mater la révolte populaire, et le président kazakh s’est flatté d’avoir « donné l’ordre aux forces de l’ordre et à l’armée de tirer pour tuer sans sommation ».

Comme si la chute de l’Union soviétique n’avait pas eu lieu, Poutine nous offre le même spectacle écœurant que ses prédécesseurs lors de la répression des soulèvements populaires de Budapest (1956) et de Prague (1968) ; les manifestants kazakhstanais sont traités de terroristes, et sont rapportés à ce jour plusieurs dizaines de morts, des centaines de blessés et plus de 10 000 arrestations. La légitimité de leur soulèvement est bien évidemment niée par le régime et il est accusé d’être un coup d’état fomenté depuis l’étranger, selon la rhétorique inchangée depuis l’ère soviétique.

La Fédération Anarchiste apporte son soutien total au peuple kazakhstanais dans sa lutte contre la pauvreté organisée, la corruption et l’autoritarisme du régime qui tente de l’écraser; il montre que la révolte n’a pas besoin de leader désigné ou auto proclamé pour s’exprimer, et que « qui sème la misère récolte la colère ».

Fédération anarchiste
Le 10 janvier 2022

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[Rassemblement] Campagne antiracisme et solidarité

Le groupe Graine d’anar vous invite à rejoindre le rassemblement de ce samedi 18 décembre 2021, 14H30 , Place de la Comédie / Louis Pradel

« Nous n’allons pas combattre le racisme par le racisme, mais grâce à la solidarité. »
(Fred Hampton, Black Panthers Party – mai 1969)

Notre pays n’a ni carte, ni limites. Il ne fait pas la guerre si ce n’est au fascisme, au colonialisme, au racisme, à l’injustice et aux inégalités.

Notre pays n’existe pas isolé, atomisé, soumis. Il existe dans tout ce qui relie, regroupe, donne confiance et lutte.

Notre pays est en grand danger. Il doit sortir, se montrer, se lever. Vivre.

Car notre pays brûle. Il s’appelle Avenir.
Car notre pays est étouffé. Il s’appelle Liberté.
Car notre pays se meurt. Il s’appelle Égalité.
Car notre pays est opprimé. Il s’appelle Dignité.

Notre pays est en danger. Nous appelons à la mobilisation générale.

Pour l’avenir. Si la planète brûle, cela n’a rien à voir avec les migrations, nos couleurs de peau, nos origines, nos religions. Le monde n’attend qu’une étincelle pour exploser et certain.e.s nourrissent l’incendie qui nous menace.


Nous dénonçons toutes les formes de racisme dont l’islamophobie, l’antisémitisme, l’anti-tziganisme, la négrophobie et le racisme anti-asiatique. Nous exigeons notamment la fin des contrôles au faciès, l’abrogation de la loi dite « séparatisme », le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la fin des dominations économiques, militaires et politiques, en particulier la Françafrique.

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[Dans le ML] Informatique et liberté(s)

Vous connaissez les laisses à enrouleur : elles donnent l’impression au chien qu’il est libre… jusqu’à un certain point. Ici il est question de logiciels. À enrouleur ?

Beaucoup de personnes l’ignorent ou ne souhaitent pas se confronter à cet aspect, un logiciel informatique n’est pas un produit commun et ne s’acquiert pas comme un livre ou une baguette. Lorsque l’on achète un ouvrage auprès de sa libraire ou du pain auprès de son boulanger, on en fait bien ce que bon nous semble. Il n’en est rien auprès de son éditeur de logiciels : celui-ci ne nous accordera qu’un droit d’utilisation. Ce droit, cette licence, n’est cédée que sous certaines conditions, énumérées dans le « contrat de licence utilisateur final » (le fameux CLUF de Microsoft) et rédigées dans un abscons verbiage juridique. La plupart du temps, elle n’est accessible que contre une somme d’argent, bien qu’il existe certains logiciels « gratuits ».

Pour les vendeurs, la chose est également différente. Si la libraire doit acheter une réserve de livres bien réels auprès d’un éditeur qui les aura lui-même obtenus auprès d’un imprimeur ; si le boulanger doit commander de la farine et entretenir ses outils de travail ; l’éditeur de logiciels, lui, peut littéralement « multiplier les pains » sans grand effort puisque son produit, immatériel, peut être reproduit sans réelle limite.

Times Square in New York on a rainy night.

Achats sous conditions

Les conditions d’utilisation ou licences imposées aux utilisateurs, malgré le fait qu’elles soient généralement payantes, sont très restrictives. Il est interdit de copier le logiciel, droit réservé à l’éditeur puisqu’il est son seul moyen de profit, il est interdit de « démonter » le logiciel pour examiner son fonctionnement, par exemple, par décompilation… et nombre d’autres restrictions décrites dans chaque licence. Cependant, en matière de technologie, interdit n’est pas impossible. La loi permet alors de classer ces actions dans le registre de la contrefaçon et sont sévèrement punies.

Conséquence de ces barrières juridiques et commerciales imposées à ces logiciels dits « privatifs1 », il est impossible de participer à leur critique ou à leur amélioration sans être membre de l’industrie qui le produit et doté de suffisamment de pouvoir pour que sa voix ait un quelconque effet.

Dans les années 1970, l’informatique connaît un essor particulier au sein des laboratoires Bell de la société AT&T ainsi qu’au MIT, institut de technologie. C’est dans ces structures que sont passés des personnages importants pour la discipline, certains marqués semble-t-il par un état d’esprit détonant avec leurs institutions d’alors. On y verra apparaître le langage C2, fondamental pour l’informatique moderne, le système d’exploitation Unix3 et les fondements des logiciels à licence dite « libre ».

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