[Communiqué FA] Le fichage, vieille arme de l’État !

Lundi 4 janvier, le Conseil d’État a jugé en référé que la police et la gendarmerie pourront ficher les activités et opinions politiques, les appartenances syndicales et les données de santé au nom de la sécurité publique, de la sûreté de l’État définie comme recouvrant les « intérêts fondamentaux de la Nation » (laissées totalement à l’appréciation de la police). Ces textes prolongent le projet de loi « sécurité globale », dont les données recueillies pour la surveillance de masse (drones, caméras, reconnaissance faciale, réseaux sociaux) vont pouvoir être centralisées dans ces fichiers, ce qui n’était pas le cas auparavant.

La requête en référé émanait des organisations syndicales CGT, FO, FSU et d’associations de défense des droits humains (GISTI, etc..). Et nous pouvons être surpris, déçus, d’une forme de satisfaction de ces organisations après le rendu. Ce serait mois pire que le pire…

Nous autres anarchistes, ne sommes pas surpris de l’utilisation du fichage. Les États ont toujours eu besoin, pour se maintenir, de réseaux de renseignements forts, pour contrôler leurs populations par un fichage systématique. Penser que cela ne serait propre qu’aux régimes totalitaires, c’est se mentir profondément. Un État, ce sont des fichiers fiscaux, de polices, de renseignements, médicaux, etc… Le fichage est au cœur de cet outil de privation de liberté qu’est l’État.

Pour mémoire, ce n’est qu’après une forte mobilisation que le décret instituant le fichier EDVIGE avait été retiré en novembre 2008…

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